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	<title>Archives des Billet - Winslow Santé Publique</title>
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	<description>Pour une véritable politique de prévention du Covid et des virus aéroportés</description>
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	<title>Archives des Billet - Winslow Santé Publique</title>
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		<title>Comment le déni de la transmission aérienne du COVID a brisé le monde &#8211; B. Murdoch (traduction)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 06 Apr 2025 15:28:52 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’article <a href="https://winslow.fr/traduction-article-b-murdoch/">Comment le déni de la transmission aérienne du COVID a brisé le monde &#8211; B. Murdoch (traduction)</a> est apparu en premier sur <a href="https://winslow.fr">Winslow Santé Publique</a>.</p>
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				<div class="et_pb_text_inner"><h1 style="text-align: center;">Comment le déni de la transmission aérienne du COVID</h1>
<h1 style="text-align: center;">a brisé le monde</h1>
<p style="text-align: center;"><strong></strong></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><strong>Publication originale : « How denial of airborne COVID transmission broke the world », par Blake Murdoch pour healthy debate, le 10 mars 2025: <a href="https://healthydebate.ca/2025/03/topic/denial-airborne-covid-transmission/" target="_blank" rel="noopener">Lien</a>.</strong></span></p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Un grand merci à Blake Murdoch, bioéthicien, avocat, vulgarisateur scientifique et expert en politiques de santé publique, qui nous a donné l’autorisation de traduire et publier son texte. Il rappelle à quel point la transmission aéroportée est structurante dans la gestion du Covid-19, et montre aussi comment il est encore possible d’enrayer la propagation du virus, en prenant les mesures adéquates.</em></strong> <span style="color: #0000ff;"><strong></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><strong></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><span style="color: #0000ff;"><strong></strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><strong><img fetchpriority="high" decoding="async" src="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/AdobeStock_405580446-1500x791.jpeg" width="447" height="235" alt="aérosols sortant des poumons d'un personnage" class="wp-image-31284 alignnone size-medium" /></strong></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Alors que nous avons atteint le cinquième anniversaire de l’émergence du Sars-Cov-2, l’erreur la plus grave de la réponse mondiale à la pandémie est devenue très claire.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Ce ne sont pas les « confinements », comme le suggèrent beaucoup de gens de droite. Il ne s’agit pas non plus des mesures de soutien gouvernementales et des politiques des banques centrales qui alimentent l’inflation, que beaucoup ont qualifié de très excessives. Ce n’est même pas l’échec à tenir compte de la désinformation en ligne, comme l’ont dit des personnes de gauche et du centre. C’est bien plus simple et essentiel que ça. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En effet, ces inquiétudes ont été partiellement alimentées par une unique et énorme imprécision scientifique, entendue pour la première fois lors de la conférence de presse sur le Coronavirus de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), lorsque le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus a dit : </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">« </span><i><span style="font-weight: 400;">Désolé, j’ai utilisé le terme militaire, aéroporté. Cela signifiait se propager via des gouttelettes ou par transmission respiratoire. Veuillez le prendre ainsi ; pas dans le sens militaire. Merci »</span></i></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">(NdT : en anglais, </span><i><span style="font-weight: 400;">airborne</span></i><span style="font-weight: 400;">, qui veut dire aéroporté, fait aussi référence aux équipements militaires aériens) </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">L&rsquo;incapacité à présumer raisonnablement, puis à accepter ultérieurement, la propagation aérienne du Covid et à mettre en œuvre les mesures structurelles d&rsquo;atténuation appropriées est à l&rsquo;origine de toutes les lacunes majeures de notre réponse à la pandémie, ainsi que de tous les dommages physiques, mentaux, économiques et sociaux majeurs qu&rsquo;elle a engendrés. Cela a condamné nos réponses sanitaires, sociales et économiques, en garantissant qu&rsquo;elles ne seraient pas pleinement efficaces, adéquatement ciblées et peu perturbatrices, ce qui a finalement conduit aux nombreuses divisions que nous observons aujourd&rsquo;hui dans la société.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Laissez-moi vous expliquer. Imaginons un monde où les experts et les preuves clés ne seraient pas ignorées, et où la prévalence de la transmission aéroportée du SARS-CoV-2 aurait été rapidement acceptée et prise en compte. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Avant d’en arriver là, il est important de comprendre que l’accent mis sur la « transmission par gouttelettes » a toujours été une représentation inexacte et dogmatique de la physique du SARS-CoV-2, qui se propage principalement sous forme de petits aérosols que les gens libèrent lors de comportements simples comme respirer et parler, et qui restent en suspension dans l’air comme de la fumée. Le SARS1 était également connu pour sa transmission aérienne. Nombre des plus grands scientifiques mondiaux spécialisés dans les bioaérosols ont rapidement reconnu les preuves évidentes de la transmission aérienne du Covid, mais ont été écartés et exclus de l&rsquo;élaboration des politiques par les autorités à tous les niveaux. En octobre 2022, Jeremy Farrar – qui est devenu quelques mois plus tard scientifique en chef de l’OMS – a déclaré que c’était « </span><i><span style="font-weight: 400;">une très grave erreur </span></i><span style="font-weight: 400;">» de ne pas prendre au sérieux la transmission par aérosols, et que les mesures d’atténuation par voie aérienne « </span><i><span style="font-weight: 400;">auraient sauvé un nombre énorme de vies</span></i><span style="font-weight: 400;"> ». </span></p>
<p><span style="font-weight: 400;">Figure 1 : </span><em><a href="https://www.archives.gov.on.ca/en/e_records/sars/report/v1-pdf/Vol1Chp2.pdf"><span>-Rapport final de la Commission sur le SRAS1, Ontario, Canada, 2006</span></a></em></p>
<h1 style="text-align: center;"><img decoding="async" src="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/Fig1.jpg" width="984" height="434" alt=" -Rapport final de la Commission sur le SRAS1, Ontario, Canada, 2006" class="wp-image-31293 alignnone size-full" srcset="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/Fig1.jpg 984w, https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/Fig1-980x432.jpg 980w, https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/Fig1-480x212.jpg 480w" sizes="(min-width: 0px) and (max-width: 480px) 480px, (min-width: 481px) and (max-width: 980px) 980px, (min-width: 981px) 984px, 100vw" /></h1>
<p><span style="font-weight: 400;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Un deuxième fait important est que les masques N95 sont spécifiquement conçus pour protéger des aérosols. En comparaison, les masques chirurgicaux présentent de larges ouvertures d&rsquo;aération et ne sont pas conçus pour protéger des aérosols. Les masques N95 ou FFP2 sont si efficaces que des recherches britanniques ont indiqué que leur utilisation par le public aurait réduit le taux de transmission du COVID-19 d&rsquo;un facteur estimé à 9, contre 0,6 pour les masques chirurgicaux. Un facteur 9 suffit à entraîner une décroissance exponentielle du SARS-COV-2, ce qui signifie que le virus aurait été fortement supprimé tant que le port du masque se poursuivrait. Le calcul exponentiel de la propagation virale signifie également qu&rsquo;un respect absolu du port du masque n&rsquo;aurait pas été nécessaire pour obtenir la suppression.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Considérons une chronologie dans laquelle ces faits auraient été mis en pratique. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Confinements</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Avec des mesures de réduction des risques aériens, bon nombre des plaintes habituelles concernant les « confinements » n&rsquo;auraient jamais été formulées. La plupart des fermetures auraient été nécessaires pendant une période plus brève, jusqu&rsquo;à ce que la production de masques reprenne et que ces derniers soient distribués au public pour une utilisation dans les espaces partagés.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Simultanément, une fraction des milliers de milliards économisés grâce à la réduction de la durée des fermetures économiques aurait été consacrée à l&rsquo;installation de systèmes de ventilation, de filtration et d&rsquo;éclairage germicide considérablement améliorés (pouvant générer des dizaines d&rsquo;équivalents de renouvellement d&rsquo;air par heure) dans tous les espaces publics intérieurs, à commencer par les écoles, les hôpitaux et autres lieux de rassemblement. La publication de données sur l&rsquo;air intérieur, comme les niveaux de CO2, aurait été obligatoire, ainsi que le déploiement d&rsquo;inspecteurs de la qualité de l&rsquo;air, comparables à ceux utilisés pour contrôler les cuisines commerciales. Ces mesures structurelles réduisent considérablement la dépendance de la santé publique au respect des règles de comportement individuel, comme le port du masque.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les fermetures d&rsquo;écoles auraient été uniformément de courte durée, perturbant au minimum l&rsquo;apprentissage des enfants et le travail de leurs parents, et prenant fin dès que des masques auraient pu être fournis et utilisés. Des améliorations simultanées des systèmes de qualité de l&rsquo;air intérieur auraient considérablement réduit la transmission du Covid-19 et d&rsquo;autres virus, tout en améliorant la santé, l&rsquo;assiduité et les résultats scolaires des élèves. Un certain sentiment anti-masque se serait développé au fil du temps, mais lorsqu&rsquo;il aurait pu devenir prédominant, les améliorations de la qualité de l&rsquo;air auraient été largement achevées et le port facultatif du masque aurait été possible avec une faible transmission.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;"></span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Milieu hospitalier</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Dans les hôpitaux, le personnel aurait reçu des masques N95 dès les premiers mois et les aurait utilisés en continu, et des améliorations de la qualité de l&rsquo;air auraient été mises en œuvre. Le personnel aurait cessé d&rsquo;utiliser des masques chirurgicaux. Des millions de professionnels de santé dans le monde auraient été épargnés par les infections, le Covid long ou les décès, ce qui aurait permis d&rsquo;accroître le nombre de travailleurs expérimentés disponibles et de réduire les taux de démissions liées au burn out. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Des millions d&rsquo;hospitalisations et de décès auraient pu être évités grâce aux mesures de réduction des risques prises par la société ; des millions d&rsquo;infections au Covid-19 contractées à l&rsquo;hôpital n&rsquo;auraient jamais eu lieu, évitant ainsi la surcharge et l&rsquo;effondrement du système de santé que nous connaissons encore aujourd&rsquo;hui. Des centaines, voire des milliers de milliards de dollars, auraient pu être économisés en coûts de santé à l&rsquo;échelle mondiale.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sentiment antivax</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Bien que les vaccins contre le Covid-19 existants préviennent l&rsquo;hospitalisation, les décès et certaines formes de Covid long, leur incapacité à empêcher durablement l&rsquo;infection avec l&rsquo;efficacité initialement annoncée par les principaux responsables a probablement contribué à la baisse de l&rsquo;utilisation des nouvelles formulations. Certaines personnes ont mal compris l&rsquo;intérêt de la vaccination et ont remis en question l&rsquo;intérêt des rappels périodiques après avoir été infectées alors qu’elles avaient été vaccinées.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les mesures de réduction de la transmission aérienne auraient considérablement réduit la transmission virale et, par conséquent, l&rsquo;évolution, c&rsquo;est-à-dire la production de nouveaux variants. Par conséquent, cela aurait augmenté l&rsquo;efficacité moyenne des vaccins en permettant aux formulations mises à jour périodiquement de mieux correspondre aux variants actuellement en circulation, au lieu d&rsquo;être très en retard. L&rsquo;efficacité accrue des vaccins et la baisse des taux d&rsquo;infection auraient contrecarré une grande partie de l&rsquo;apathie développée par le public, améliorant très probablement l’acceptation de la vaccination. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Une efficacité vaccinale supérieure et une transmission fortement réduite auraient également contribué à neutraliser les discours des sceptiques. La réduction considérable des thromboses, des lésions organiques et des nouvelles maladies chroniques induites par le Covid-19, comme le Covid long (on estime que 400 millions de personnes sont concernées), aurait empêché de nombreuses personnes d&rsquo;imputer leurs maladies virales aux effets secondaires des vaccins, réduisant ainsi la montée des attitudes anti-vaccinales et le risque que les politiciens instrumentalisent stratégiquement cette sous-culture pour semer la division et conquérir le pouvoir, comme c&rsquo;est le cas aujourd&rsquo;hui. </span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Sentiment anti-masque</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Des millions de personnes ont été infectées alors qu&rsquo;elles portaient des masques en tissu ou chirurgicaux. Cela a contribué à répandre l&rsquo;idée selon laquelle les masques seraient inefficaces, en dépit de l&rsquo;efficacité des FFP2. L&rsquo;utilisation précoce d&rsquo;équipements de protection individuelle contre les infections aériennes, tels que les FPP2, aurait permis de réduire la popularité du mythe selon lequel « les masques sont inefficaces ».</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Aujourd&rsquo;hui, la politisation du port du masque a donné lieu à des campagnes de désinformation et à de nouvelles interdictions de masques, menaçant non seulement la santé des personnes, mais aussi leurs libertés civiles.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Figure 2 :</span><i><span>– Le président Trump proclamant « </span></i><a href="https://truthsocial.com/@realDonaldTrump/posts/114104167452161158"><i><span>PAS DE MASQUES !</span></i></a><i><span> » et menaçant les universités à cause des manifestations politiques.</span></i></p>
<h1><img loading="lazy" decoding="async" src="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/04/Fig3.jpg" width="662" height="574" alt="" class="wp-image-31292 alignnone size-full" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /></h1>
<p style="text-align: justify;"><b></b></p>
<p style="text-align: justify;"><b></b></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Dommages économiques</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Comme vous l&rsquo;avez sans doute déjà compris, la mise en œuvre d&rsquo;une réponse adéquate, avec port de masques respiratoires et amélioration de la qualité de l&rsquo;air intérieur, aurait permis à l&rsquo;économie de fonctionner presque normalement, à quelques exceptions près. Les mesures d&rsquo;atténuation des effets de la propagation de la maladie auraient été judicieusement ciblées et auraient engendré un minimum de perturbations. Ainsi, les dépenses publiques mondiales destinées à financer l&rsquo;aide aux citoyens et aux entreprises auraient pu être réduites de plusieurs milliers de milliards de dollars ; ces dépenses auraient pu être ciblées sur les travailleurs et les secteurs les plus touchés, comme la restauration. Cela aurait permis d&rsquo;éviter la plupart des profits excessifs, les subventions inutiles aux entreprises et le démantèlement des petites entreprises au profit des grandes entreprises, autant de phénomènes qui se sont produits en raison de l&rsquo;application inéquitable des programmes gouvernementaux.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La réduction massive du choc économique inhérente à une stratégie de réduction des risques aéroportés aurait modifié les politiques pandémiques des banques centrales à l&rsquo;échelle mondiale et évité une grande partie de la crise inflationniste. Les taux d&rsquo;intérêt auraient néanmoins baissé à mesure que la pandémie se propageait, mais probablement avec un assouplissement quantitatif bien moindre et un retour plus rapide à des taux et politiques plus neutres historiquement. La capacité des chaînes d&rsquo;approvisionnement logistiques à fonctionner avec beaucoup moins de perturbations graves aurait également évité une grande partie des hausses observées des coûts des intrants et de fabrication, réduisant encore davantage les pressions inflationnistes.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Les dettes souveraines nouvellement générées, de plusieurs milliards et milliers de milliards de dollars, qui pèsent actuellement sur la stabilité sociopolitique et économique mondiale, auraient été considérablement réduites. La reprise économique en « K », caractérisée par une stratification des richesses entre les riches et les pauvres/la classe moyenne, aurait été moins marquée. Une inflation et une dette publique plus faibles auraient pu empêcher des millions de personnes de tomber sous le seuil de pauvreté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Désunion et polarisation de la société</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La désunion et la polarisation sociales d’aujourd’hui sont multifactorielles, mais découlent en partie de plusieurs changements clés qui affectent les personnes et leur environnement – </span><span style="font-weight: 400;">​​</span><span style="font-weight: 400;">à savoir l’augmentation de la pauvreté, l’érosion du pouvoir d’achat, les traumatismes et le deuil non accompagnés, la détérioration de la santé physique et mentale et la promotion descendante de directives telles que « fais ce que tu veux » – l’idée antisociale impliquant que les gens ont le droit d’infecter et de nuire aux autres de manière imprudente dans la poursuite de leur propre intérêt.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Une atténuation des risques aéroportés aurait permis d&rsquo;éviter une désunion et une polarisation importantes, même en faisant abstraction de la réalité des lésions cérébrales induites par le Covid, du lien étroit entre l&rsquo;infection et l&rsquo;apparition de nouveaux troubles mentaux, et des hypothèses sur les impacts potentiels sur la personnalité. Beaucoup moins de personnes seraient accablées par le deuil ou une maladie chronique ; moins nombreuses seraient celles qui se seraient tournées vers le déni, les théories du complot ou les explications antiscientifiques pour se consoler. La dépression liée à l&rsquo;isolement social aurait été plus faible. Un pouvoir d&rsquo;achat relativement meilleur aurait diminué le stress persistant lié à l&rsquo;obtention des biens de première nécessité, le sentiment généralisé d&rsquo;impuissance face à dépendance aux entreprises et, par conséquent, l&rsquo;apathie et les comportements antisociaux. La politisation des désaccords ainsi que l&rsquo;incitation à la haine par les politiciens et les acteurs malveillants auraient pu être réduites, le terreau étant moins fertile pour semer la désunion. Par conséquent, les dirigeants ultérieurs n&rsquo;auraient peut-être pas adopté des perspectives aussi profondément antiscientifiques, et nous ne serions peut-être pas sur la voie politique précaire que nous empruntons aujourd&rsquo;hui.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><b>Un monde fracturé</b></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Malheureusement, en grande partie à cause de l&rsquo;incapacité à identifier et à agir face au problème fondamental posé par la pandémie – la transmission aérienne du Covid-19 – nous vivons dans un monde fracturé. Les problèmes qui en découlent continuent de s&rsquo;aggraver dans tous les aspects de la vie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Au lieu de véritablement résoudre le problème fondamental, les entreprises et les responsables politiques nous ont un jour annoncé que la pandémie était terminée. Nous avons décidé d&rsquo;accepter. Prétendre que le problème était résolu semblait facile, et le deuil non maîtrisé de la perte de l&rsquo;ère pré-Covid continue de renforcer cet état d&rsquo;esprit.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">En effet, depuis des années, les CDC (</span><i><span style="font-weight: 400;">Center for Disease Control</span></i><span style="font-weight: 400;">, Centres pour le contrôle et la prévention des maladies) s&rsquo;attachent à recommander aux gens de se laver les mains pour prévenir la propagation du Covid, malgré le fait que leurs propres rapports estimaient à moins d&rsquo;une sur 10 000 le risque d&rsquo;infection par le Covid par contact avec une surface contaminée par le virus. Autrement dit, certaines des principales communications de santé publique restent totalement déconnectées des preuves scientifiques. Rochelle Walensky, alors directrice des CDC, a même publiquement stigmatisé notre outil de prévention le plus efficace, déclarant que « le masque est la lettre écarlate de cette pandémie ». Imaginez si elle avait dit quelque chose de similaire à propos des vaccins.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Nous nous sommes exposés à plusieurs reprises, nous et nos enfants, à ce virus, et la plupart d&rsquo;entre nous ne sont même pas vaccinés avec la dernière formule. L&rsquo;incapacité à accepter l&rsquo;idée que les infections virales nous nuisent, contrairement à l&rsquo;exposition aux bactéries commensales, a contribué à l&rsquo;adoption sociale du principe selon lequel tomber malade améliore la santé grâce à l&rsquo;immunité. L&rsquo;immunité étant de courte durée pour le Covid et de nombreux autres virus, ce discours permet principalement à ceux qui, autrement, se sentiraient démunis, de nier la réalité plutôt que d&rsquo;accepter des dommages évitables et généralisés, notamment la possibilité de « lésions organiques silencieuses ». Ce discours a également alimenté le mouvement anti-vaccination avec l&rsquo;idée que l&rsquo;infection est « naturelle » et meilleure que la prophylaxie.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Le plus accablant est peut-être que des personnes vulnérables dans les hôpitaux et les cliniques continuent d&rsquo;être abandonnées à leur sort, souffrant et mourant d&rsquo;infections nosocomiales, parce que les décideurs refusent toujours de mettre en œuvre les mesures nécessaires à la prévention de la maladie, alors même que la transmission aérienne est désormais clairement codifiée. En tant que bioéthicien en exercice, examinant régulièrement les rapports d&rsquo;événements indésirables concernant des patients vulnérables décédés d&rsquo;infections nosocomiales au Covid-19, et d&rsquo;autres agents pathogènes transmissibles par voie aérienne, je trouve cette situation profondément inquiétante.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">La vie ne sera jamais vraiment confortable ni réconfortante si nous fermons les yeux sur la propagation de maladies dangereuses et invalidantes dans nos communautés. Le déni et l&rsquo;inaction ne sont pas des solutions. Exiger un air pur, tout comme exiger une eau propre, est la solution. Nous devons tirer les leçons de cette situation afin d&rsquo;enrayer la propagation du Covid-19 et d&rsquo;éviter les conséquences les plus graves de la prochaine pandémie, qui pourrait survenir à tout moment.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;">Et il s&rsquo;agira probablement d&rsquo;un autre virus aéroporté.</span></p>
<p style="text-align: justify;"><span style="font-weight: 400;"></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"></span></p></div>
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		<title>padmé</title>
		<link>https://winslow.fr/padme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 23 Jan 2025 10:26:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
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				<div class="et_pb_text_inner"><h1 style="text-align: center;"><strong>« <b>Ne vous inquiétez pas madame, ce n’est qu’une virose hivernale »</b></strong></h1>
<p><span style="font-weight: 500;"><b></b></span></p>
<p><span style="font-weight: 500;"><b><img loading="lazy" decoding="async" src="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2025/01/Design-sans-titre-300x186-1-1.png" width="300" height="186" alt="personne avec un bandeau sur les yeux qui avance près de l'eau, un bouquet de fleurs à la main" class="wp-image-30525 alignnone size-full" style="display: block; margin-left: auto; margin-right: auto;" /></b></span></p>
<p><b></b></p>
<p><span>Récemment, un <a href="https://time.com/6335177/long-covid-research-failure/">article </a></span><span>du Times estimait récemment que la recherche sur le Covid Long revenait à passer “des années et des centaines de millions de dollars supplémentaires à creuser un puits sec”</span><span>. L’auteur assimile le Covid Long à l</span><span>’e</span><span>ncéphalomyélite myalgique (EM) et en déduit par un magnifique fatalisme que, puisqu’il n’y a pas eu de traitement identifié, il faut stopper la recherche. Avec à peine 3 ans de recul, et des dizaines de millions de personnes touchées. </span></p>
<p><span>L</span><span>’EM</span><span> est une maladie chronique dévastatrice et complexe, négligée depuis des décennies, qui touche différents appareils de l’organisme et nécessite aussi bien recherche que prise en charge sérieuse. Une partie des Covid Long la développant, cette urgence devient encore plus impérieuse. Cependant,</span><span> ne considérer les deux que comme une seule et même maladie pour faire rentrer le Covid Long dans une case, c’est oublier qu’un virus très spécifique est à l’origine du COVID-19, avec des conséquences à long terme et une pathogénicité encore floues.</span></p>
<p><span>Quelques jours auparavant et de façon inattendue, le COVARS reconnaissait enfin l’existence du Covid Long en tant que maladie, abandonnant la honteuse thèse psychosomatique privilégiée en France. Mais, tout au long de l’avis, il choisit de ne pas utiliser son nom spécifique (“covid long”), pourtant utilisé depuis le début par les malades au niveau international, pour le ranger dans les « syndromes post-viraux »</span><span>. </span></p>
<p><span>La SF2H (Société Française d’Hygiène Hospitalière), dans ses</span><span> </span><span>dernières recommandations produites à la fin d’un mois de septembre battant des records inédits de chaleur et alors que les hôpitaux débordaient déjà d’infections de type respiratoire pour la troisième vague de 2023, classait</span><span> </span><span>SARS-CoV-2 dans les “viroses hivernales”. </span></p>
<p><span>Et au même moment, dans la presse internationale, on voit fleurir des articles sur le “long flu”, ou plus vague encore, le “long cold”.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>Et ainsi l’étiologie meurt, sous les applaudissements des sociétés savantes. </b></p>
<p><span>Cela va-t-il arranger certains médecins ? Car il semble qu’en France, en pré-pandémique déjà, les tests ne soient pas systématiques pour une infection. Et l’on est vite étonné </span><span>à l’évocation par des amis à l’étranger d’un test pour leur enfant souffrant d’angine, qui a permis (ou non) la prescription d’un antibiotique. </span><span>Peut-être qu’</span><span>ici, on vous aura dit « c’est une virose, madame ». Et l’antibiotique sera administré au doigt mouillé. </span></p>
<p><span>Pourtant maladie à déclaration obligatoire, une suspicion de Covid est dans les faits déjà de moins en moins testée en consultation, notamment pour les enfants. Si on ajoute l’amalgame du tableau clinique avec celui des autres virus, à quoi bon ? On valide ainsi une tendance dans les pratiques, et plus personne n’est responsable d’avoir laissé transmettre un </span><span>SARS-CoV-2 (comme c’était déjà le cas d’un VRS), et des conséquences qui en découlent. </span></p>
<p><span>L’à peu près est à la mode, ça ne demande aucune adaptation et les « avantages » d’associer SARS-CoV-2 avec les « autres virus hivernaux » sont nombreux quand on ne veut pas agir. Malgré l’évidence des 4 vagues annuelles, malgré une saisonnalité réduite au seul fait de fréquenter davantage de lieux mal aérés en hiver qu’en été. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Un récit qui évacue commodément le SRAS-CoV-2, la source de tous les problèmes. L’objectif est le statu quo, la finalité est de ne rien faire. </strong></p>
<p><b></b></p>
<p><span>Pour la recherche et traitements : on va renvoyer les Covid Long vers la recherche insuffisante des autres syndromes post viraux. Cela permet d’occulter SARS-CoV-2 et sa circulation massive et permanente, écartant ex-abrupto une partie des malades, et les atteintes spécifiques de ce virus et corrélées à la maladie comme les fibroses pulmonaires, les effets cardiovasculaires parfois décalés, les décompensations de maladies préexistantes, et reléguant la persistance virale au second plan alors qu’elle crée les conditions potentielles d’une bombe sanitaire à long terme. Et que devient la recherche sur les antiviraux, qui peuvent pourtant aider à la fois pour la phase aiguë et pour la phase longue? On va orienter les patients vers des cliniques surchargées proposant… pas grand chose, </span><span>rien d’autre que des traitements symptôme par symptôme (et encore), et de la rééducation qui, parfois, peut nuire au patient.</span></p>
<p><span>Pour la prévention : on renvoie le Covid au néant de la santé publique en matière d’infections respiratoires, qui nous avait déjà conduit à accepter comme une fatalité les épidémies “classiques”, année après année.</span></p>
<p><span>Aux premiers décès de ce nouveau Coronavirus, beaucoup ont cherché à rassurer</span><span> </span><span>en relativisant au regard de la mortalité déjà normalisée de la grippe. Le bilan de SARS-CoV-2 a rapidement fait oublier tous les autres, mais l’obsession est restée de revenir à un niveau acceptable, normalisable.</span></p>
<p><span>Quand à l’hiver 2022-2023 les épidémies classiques de grippe et de VRS ont frappé, s’ajoutant à l’épidémie permanente de SARS-CoV-2, les autorités ont un peu tremblé mais l’essentiel était fait : aux 10 000 morts “normaux” de la grippe, on avait ajouté 50 000 morts “normaux” du Covid, le tout enveloppé dans le parfait lexique d’une médecine très politique : les viroses hivernales. </span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><b>L’hôpital a « tenu » un seuil qu’on avait préalablement remonté</b><span>.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><span>La pandémie de COVID-19 aurait pu être l’occasion de revenir sur les pratiques de santé publique, et mettre en place une politique préventive efficace de masques et d’aération/purification, sur la base de seuils et d’une surveillance efficace de la circulation virale. On ne l’a pas fait. On peut encore le faire.</span></p>
<p><span>Car une chose est vraie dans l’association du SARS-CoV-2 </span><span>avec les virus hivernaux : le mode de contamination est semblable. Ainsi, si l’on refuse le fardeau du Sars-Cov-2, on refuse par les mêmes gestes celui des autres virus à transmission similaire.</span></p>
<p><span>Ça porte un nom : progresser, faire mieux, plutôt que pire. Baisser le seuil acceptable des morts et handicaps du COVID-19, et ceux de la grippe, du VRS, du mycoplasma pneumoniae dans un cercle vertueux. Il n’y a pas de fatalité. </span></p>
<p><span>Mais pour ça, il ne faut pas mettre SARS-CoV-2 sous le tapis de l’opportunisme lexical, il faut le nommer, l’étudier, l’utiliser pour apprendre à s’en défendre. </span><span>Sans cela, on signera la fin de la prévention, la fin d’une recherche ciblée,</span><span> </span><span>et on achèvera la normalisation de la maladie et ses conséquences dévastatrices dans l’opinion publique</span><span>.</span><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><span></span></p>
<p><strong><em><span>Auteurs :</span></em></strong></p>
<p><span>Solenn TANGUY (<a href="https://twitter.com/Eerrnn" target="_blank" rel="noopener">@Eerrnn</a>) et Emmanuel Caillet (<a href="https://twitter.com/why_not_nemo" target="_blank" rel="noopener">@why_not_nemo</a>), membres de Winslow Santé Publique (<a href="https://twitter.com/winslow_la" target="_blank" rel="noopener">@winslow_la</a>)</span><span></span></p>
<p><span>Cette version a été retravaillée par Christian Lehmann (@LehmannDrC) et publiée dans Libération (@libe) le 30/12/23 : <a href="https://www.liberation.fr/societe/sante/covid-long-nous-creons-les-conditions-potentielles-dune-bombe-sanitaire-a-long-terme-20231230_G2UCWKQDEBAHDMHARYQBV4AN3I/" target="_blank" rel="noopener">LinkToTheArticle</a></span></p>
<p><span style="font-weight: 400;"></span></p></div>
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		<item>
		<title>JO du déni COVID</title>
		<link>https://winslow.fr/jo-du-deni-covid/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 04 Aug 2024 08:10:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslow.fr/?p=29858</guid>

					<description><![CDATA[<p>Des j.o. qui illustrent l’absurde situation sanitaire en france</p>
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										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_2 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><h3><span style="color: #0000ff;"><strong>DES JO qui illustrent l&rsquo;absurde situation sanitaire en France. </strong></span></h3>
<p><strong></strong></p>
<p><strong>Nous voyons cette année se dérouler des Jeux Olympiques qui sur le plan sanitaire COVID, sont à l&rsquo;image de la situation actuelle française.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<ul>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Absence de mesures sanitaires adéquates sur les sites</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Des précautions hospitalières ponctuelles et inégalitaires : masques (chirurgicaux) dans les hôpitaux de Paris, et le néant sanitaire habituel pour le reste de la France</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Une libre-circulation du virus, mais pas celle des malades chroniques parisiens, qui voient leurs accès aux hôpitaux bloqués</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Des dépenses publiques coûteuses et inutiles (soucoupes à air pur en EXTERIEUR), au lieu d’une protection efficace et pérenne</span></li>
</ul>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-weight: 600;">résultat</span></h3>
<ul>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Des athlètes contaminé-es les uns après les autres</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Un public non protégé, ou avec des outils (gel hydroalcoolique) inefficaces sur ce virus</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">De fausses informations dans les medias (Cf FranceInfo), à heure de grande écoute. Des titres de presse éternellement étonnés d’un virus qui “reviendrait pour gêner les JO” alors qu’il n’est jamais parti</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Des inégalités de traitement criantes et affichées sur la valeur de la santé des personnes. Comment justifier que les mesures sanitaires en hôpitaux parisiens ne s’appliquent pas lors des paralympiques, par exemple?</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Les athlètes ont eu accès aux antiviraux en l’absence d’indication officielle, pour pouvoir mieux concourir.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 500;">Cependant, ces traitements s’ils baissent les risques, ne sont pas un totem contre le COVID, que ce soit pour la phase aigüe ou Longue. De plus, cela peut sembler indécent aux patient-es malades chroniques, pour qui l’accès à ces molécules est un véritable parcours du combattant.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-weight: 600;">LES RISQUES :</span></h3>
<ul>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Les sportifs sont poussés à risquer leur santé pour concourir. Mais aussi, on voit :</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Une normalisation de la contamination des autres autour de soi et la valorisation de l’absence de solidarité. La compétition passe avant la santé des autres =&gt; les fameuses valeurs du sport&#8230;</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Le virus ne s’arrêtera pas à Paris ni à la période des JO, et est encore + dangereux pour les personnes vulnérabilisées.</span></li>
</ul>
<p><span style="font-weight: 500;">Ainsi quelques personnes en excellente condition physique et ayant accès aux meilleurs traitements, auront réalisé des efforts physiques alors qu’ils ont le COVID. Que retiendra le public de tout ceci? Sur la base de cette dizaine de cas, on peut imaginer que le virus et ses dommages seront encore plus minimisés alors qu’il est un fardeau de Santé Publique, a des conséquences sociales et économiques majeures et reste un risque de santé pour toutes.</span></p>
<p>&nbsp;</p>
<h3><span style="font-weight: 600;">CE QUI ÉTAIT POSSIBLE:</span></h3>
<ul>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Le virus est AÉROPORTÉ : Air purifié, UV-C, FFP2 </span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Accessibilité physique et sanitaire aux hôpitaux dans TOUTES les régions, avec les précautions pérennes</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Vaccination possible toute l’année, et non lors de campagnes saisonnières (ce virus n’étant pas hivernal, comme l’ont reconnu les CDC récemment)</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-size: 16px;">Accessibilité des antiviraux pour TOUSTES les malades chroniques qui le souhaitent et le peuvent</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Isolement raisonnable si positivité</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Testing PCR ou Pluslife</span></li>
<li style="font-weight: 500;" aria-level="1"><span style="font-weight: 500;">Information de la population sur les conséquences du virus du COVID et les moyens efficaces de protection</span></li>
</ul></div>
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			</div></p>
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		<title>Le Covid et la Santé Publique, angles morts de Mediapart</title>
		<link>https://winslow.fr/le-covid-angle-mort-de-mediapart/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 05 Apr 2024 19:18:49 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslowsantepublique.wordpress.com/?p=1157</guid>

					<description><![CDATA[<p>A l’opposé de ce qui fait la réputation de ses collègues dans le paysage journalistique français, le nouvel article aborde la poursuite de la crise Covid sous un angle insolite pour ce média : celui de s’en tenir rigoureusement à la confusion établie par les autorités sanitaires françaises.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[<p><div class="et_pb_section et_pb_section_3 et_section_regular" >
				
				
				
				
				
				
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				<div class="et_pb_text_inner"><!-- divi:paragraph {"align":"justify"} --></p>
<p class="has-text-align-justify">
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Médiapart, courageux et rigoureux média d’investigation, dont les journalistes n’hésitent pas à défier les puissants et les apparences ? Cette image, qui est vraie sur une partie des thèmes traités, est plus douteuse en ce qui concerne certaines rubriques. Singulièrement : la santé.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>L&rsquo;ironie du sort veut que paraissent simultanément le très bel article de Nate Holdren (trad <a href="https://cabrioles.substack.com/p/socialite-brisee-nate-holdren">@CabriolesDouze</a>), et un nouvel <a href="https://www.mediapart.fr/journal/france/310324/covid-le-sentiment-d-abandon-des-immunodeprimes-toujours-sans-defense#at_medium=custom7&amp;at_campaign=1047">article</a> de C. Coq Chodorge, qui couvre (et recouvre) les questions de santé à Mediapart. Cela aurait pu être une rédemption, après la tristement fameuse série de l’été 2022, qui a contribué à la minimisation du Covid chez la gauche diplômée, et dont un papier mélangeait virus et microbes en une vision enchantée de la symbiose avec les pathogènes. “Vivre avec” les virus, quelle profondeur philosophique&#8230;</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>A l’opposé de ce qui fait la réputation de ses collègues dans le paysage journalistique français, le nouvel article aborde la poursuite de la crise Covid sous un angle insolite pour ce média : celui de s’en tenir rigoureusement à la confusion établie par les autorités sanitaires françaises.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p><strong>Le titre est à lui seul un acte manqué : les immunodéprimés “se sentent” abandonnés.</strong> </p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Se sentent ? Ils sont en danger permanent en lieux clos publics, et la population, sourire à l’air, rit devant tant de “peurs du rhume”, ne levant pas le petit doigt (même en lieu de soins! &#8211; mais c’est excusable : Médiapart les a rassurés sur la fin heureuse de la pandémie) pour assurer le minimum de sécurité à ces personnes, voir leur toussant dessus sans vergogne. Dire que les immunodéprimés “se sentent” abandonnés, c’est choisir de placer l’accent sur la subjectivité de ce qu’ils ressentent plutôt que sur la réalité de leur mise en danger collective. C’est reporter la faute sur les victimes. Il est cohérent, dans ce contexte, de voir le membre de l’association “vaincre la mucoviscidose” oser à peine suggérer que le port d’un masque chirurgical lorsqu’on est fiévreux serait souhaitable (ce n’est en réalité certainement pas suffisant pour prévenir les infections nosocomiales, dont le Covid). Comment peut-on en être arrivés là?</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>La réalité de la pandémie transpire cependant à travers les contradictions de l’article : seuls les immunodéprimés y sont considérés à risque (et ils le sont démesurément), et en même temps, on y apprend que 80% des réas sont occupées par d’autres malades. Ces derniers semblent n’avoir aucune importance : ce sont sûrement des vieillards, dont l’heure a sonné à la pendule de l’eugénisme ambiant.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Les décompensations de maladies existantes, les événements cardiovasculaires, le fait que les personnes atteintes de cancer ont 2 fois plus de risques de mourir dans les 30 jours s’ils contractent le SARS-Cov-2 (variant Omicron, oui-oui), ce n’est visiblement pas un sujet. Et bien sûr, le mot “<a href="https://www.santepubliquefrance.fr/les-actualites/2023/covid-long-2-millions-de-personnes-presentaient-une-affection-post-covid-19-fin-2022">covid long</a>” n&rsquo;apparaît toujours pas.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p><strong>Le déni de ce phénomène est un angle mort révélateur</strong> : si l’on voyait que l’on abandonne, non une petite partie de la population (“c’est triste, ouh la la, mais que peut-on y faire?” se demandent les journalistes), mais aussi le droit de toustes à la santé et la longévité, ça voudrait dire, peut-être, qu’on n’est pas ce que l’on dit être ?</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Cela serait admettre qu’on préfère le confort temporaire de la “responsabilité individuelle” à la prise de conscience de l’enjeu social et sanitaire &#8211; et son corollaire : appeler à des règles collectives de santé publique.<br />L’unique horizon, dans cet article, est celui de l’arrivée d’un médicament miracle, qui éviterait à la population de valides de se sentir coupable de la mort des “plus fragiles”, ceci sans avoir à fournir aucun effort. On préférerait ne pas s&rsquo;en remettre à un miracle médical futur pour cesser de hiérarchiser entre la vie des uns et celle des autres.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Nous sommes déçu-es, comme tant d’autres, de la participation de Mediapart à l’invisibilisation des effets du Covid qui touchent ou peuvent toucher tous les malades chroniques actuels et ceux en devenir. Cette vision bornée sert le pouvoir en place plus que tout autre, et lui permet de détruire les droits sociaux de santé sans même que le journal dit “de gauche” ne vienne dénoncer l’inanité de l’inaction publique face au Covid.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Journalistiquement, c’est un pendant compassionnel aux communiqués gouvernementaux décrétant la pandémie finie. Pas étonnant que les complotistes se sentent comme chez eux en commentaires. </p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>Décevant, pour un “journal d’enquête”.</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph {"align":"justify"} --></p>
<p class="has-text-align-justify">
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p><!-- /divi:paragraph --></p>
<p><!-- divi:paragraph --></p>
<p>05 avril 2024 20:58</p>
<p><!-- /divi:paragraph --></div>
			</div>
			</div>
				
				
				
				
			</div>
				
				
			</div></p>
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			</item>
		<item>
		<title>Salut l’artiste ! Alors cette pandémie ? (part 2)</title>
		<link>https://winslow.fr/salut-lartiste-alors-cette-pandemie-part-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 06 Dec 2022 20:39:35 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslowsantepublique.wordpress.com/?p=490</guid>

					<description><![CDATA[<p>Commençons cette deuxième élucubration sur le thème « Covid et métiers du spectacle vivant » par un petit exercice de pensée, une bête comparaison entre deux situations.</p>
<p>L’article <a href="https://winslow.fr/salut-lartiste-alors-cette-pandemie-part-2/">Salut l’artiste ! Alors cette pandémie ? (part 2)</a> est apparu en premier sur <a href="https://winslow.fr">Winslow Santé Publique</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-justify"><em><strong>Commençons cette deuxième élucubration sur le thème « Covid et métiers du spectacle vivant » par un petit exercice de pensée, une bête comparaison entre deux situations.</strong></em></p>



<p class="has-text-align-justify">Vous êtes artiste et vous vous produisez en live le mois prochain, au Babzoule Festival, 3ème édition. L&rsquo;organisateur vous contacte pour vous donner les informations nécessaires à votre venue. Parmi celles-ci, une retient votre attention. « Ok vous jouerez donc en fin de soirée, on vous a trouvé un spot super ! C&rsquo;est dans la grange du corps de ferme qui accueille le festival. Voilà c&rsquo;est une sorte de grande mezzanine à deux mètres cinquante de hauteur, vous allez surplomber le public, on a fait ça bien avec des jolies lumières, la mezzanine est hyper stylée, elle date de la construction de la ferme, le machin a pas loin de 150 ans ! ». Évidemment surpris, vous vous enquérez de la solidité de la scène, car vous connaissez la réputation du festival et ses anecdotes pour le moins cocasses des éditions précédentes, notamment celle d&rsquo;avant dans un vieux squat pourri, et celle d&rsquo;avant encore dans leur piscine désaffectée. On vous répond : « Ah ouais&#8230;oui je pense que ça va le faire, après&#8230; c&rsquo;est un peu une première, vous allez baptiser le concept, c&rsquo;est cool nan ? Bon si ça vous le fait pas, on peut vous faire jouer au sol, mais ça sera plus classique quoi ! ». Si vous êtes prudents, vous optez bien sûr pour la deuxième solution. Si vous êtes de l&rsquo;école téméraire option vivons-l&rsquo;instant-présent, vous acceptez avec joie. En tous les cas, il y a de fortes chances pour qu&rsquo;au moins vous posiez la question du sérieux de la proposition, car vous pressentez évidemment qu&rsquo;il y aura un risque pour votre intégrité physique.</p>



<p class="has-text-align-justify">Et pourtant, ce risque sera sans doute inférieur à celui que vous allez courir en jouant dans le caveau du mythique bistrot rock de centre-ville en pleine vague épidémique de Covid. Ça, vous allez vous empresser de l&rsquo;annoncer en grande pompe sur les réseaux et y inviter le plus de monde possible, car « enfin, la vie reprend son cours, la culture s&rsquo;est libérée, après deux ans de restrictions, ça fait un bien fou de suer tous ensemble, patatipatata&#8230; ». On passera sous silence le cluster que cela provoquera puisque, mis à part les quelques Covid longs qui s&rsquo;en souviendront, les autres le vivront comme une soirée parmi d&rsquo;autres, sans même savoir qu&rsquo;ils auront contaminé eux-mêmes d&rsquo;autres personnes potentiellement vulnérables quelques jours après.</p>



<p class="has-text-align-justify">La question que nous allons donc poser, et à laquelle nous allons tenter de répondre au moins partiellement, est celle-ci : pourquoi y-a-t-il ici deux poids deux mesures dans la prise en compte du risque qu&rsquo;encourt l&rsquo;artiste par rapport à son intégrité physique ? Et plus généralement : pourquoi le facteur de risque Covid est-il à ce point minimisé dans le monde du spectacle ? Y-a-t-il vraiment une spécificité de ce milieu dans son rapport à la pandémie ?</p>



<p class="has-text-align-justify">Chaque élément évoqué ci-dessous mériterait un article entier. J&rsquo;ai donc bien conscience que cela peut donner l&rsquo;impression d&rsquo;avis jetés à l&#8217;emporte-pièce, mais comme je suis flemmard, je cherche juste à lancer des pistes <strong>(1)</strong>. Voyons d&rsquo;abord les raisons communes au milieu du spectacle et au Reste Du Monde, pour essayer ensuite de cibler les caractéristiques plus corporatistes. Et tâchons dans le même temps d&rsquo;y apporter des preuves qu&rsquo;il est possible de faire autrement.</p>



<p class="has-text-align-justify">En premier lieu, la société dans son ensemble a tourné la page, l&rsquo;idée commune (mais fausse) de variants moins dangereux a infusé chez tout le monde, chez les artistes également. Ils participent donc eux aussi à ce rouleau-compresseur qui éjecte de leur champ de vision les personnes vulnérables, pour qui une contamination restera dangereuse, peu importe le variant. On entend donc « Il faut bien vivre », ou « Ah comme ça doit être dur, bon ben bon courage ! ». Cette dernière réponse m&rsquo;a été envoyée quasi telle quelle par Mr Churin, un intermittent militant dont je parlais dans <a rel="noreferrer noopener" href="https://winslowsantepublique.wordpress.com/2022/09/25/salut-lartiste-alors-cette-pandemie/" target="_blank">la première partie</a> (note bas-de-page n°2), ou bien encore par le Comité Intermittent Précaire ainsi que la CGT spectacle, lorsque j&rsquo;ai tenté d&rsquo;aborder avec eux la question des personnes vulnérables par échange de mails. C&rsquo;est la fameuse « tape dans le dos », et bon vent !</p>



<p class="has-text-align-justify">Ceci est corrélé (deuxième raison) à l&rsquo;absence globale de recherches d&rsquo;informations sur les dangers liés à une contamination &#8211; ou énième réinfection &#8211; au Covid, entretenue par le ras-le-bol de la population et le faible relais médiatique sur le sujet <strong>(2)</strong>, laissant au passage le champ libre aux discours complotistes les plus pétés du bulbe. Ce désintérêt pour la chose se transforme en œillères lorsque <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/11/11/covid-19-chaque-reinfection-augmente-le-risque-de-complications_6149489_3244.html" target="_blank">les preuves scientifiques accumulées depuis maintenant deux ans et demi de recherches sur les risques</a> finissent quand même par arriver à la vue des gens. On SAIT, confusément ou pas, mais on se force à ne pas y penser, et de ce fait on minimise, pour supporter. Moi-même, je suis contraint parfois de désamorcer ma dissonance cognitive pour ne pas m&rsquo;enfuir du boulot en courant, car il n&rsquo;y a plus aucun filet de sécurité. Cela m&rsquo;a valu deux contaminations en 2022. Faire l&rsquo;autruche est une stratégie banale face aux problèmes du monde.</p>



<p class="has-text-align-justify">La troisième raison est déjà un peu plus spécifique au domaine du spectacle, quoiqu&rsquo;elle présente quelques similitudes avec d&rsquo;autres corps de métier exposés à la précarité. Il s&rsquo;agit de l&rsquo;injonction à aller travailler coûte que coûte au risque de perdre sa place. Un intermittent doit cumuler 507 heures de travail sur douze mois pour prétendre au statut. C&rsquo;est beaucoup. Une représentation équivaut en général à 12 heures, et les répétitions sont parfois déclarées en plus, parfois non.  . S&rsquo;il commence à choisir ses conditions de jeu selon des critères sanitaires dont tout le monde n&rsquo;a que faire, il risque fort d&rsquo;être mis sur la touche. C&rsquo;est l&rsquo;option que j&rsquo;ai choisi de tenter pour ma part, et je vais voir combien de temps ça tiendra. Pour les autres, « quand faut y aller, faut y aller », et on argue dans ce cas que la problématique nous dépasse, comme une sorte de fatalité. Certains se testent parfois moins, de peur d&rsquo;être positif et de ne pas pouvoir aller jouer. Ceux qui sont trop malades sont toutefois contraints d&rsquo;annuler, ce qui pose évidemment souci aux artistes autant qu&rsquo;aux organisateurs <strong>(3)</strong>. Pour éviter des désagréments, il me semble qu&rsquo;on ne peut pas se contenter d&rsquo;espérer passer entre les gouttes (jolie image) en croisant les doigts pour qu&rsquo;une contamination n&rsquo;annule pas une tournée sur laquelle on comptait. De la même manière, les responsables des théâtres ne peuvent pas se contenter de déplorer une baisse de fréquentation, ou que les spectateurs n&rsquo;aient pas repris « les bonnes habitudes » (sous-entendu n&rsquo;aient pas enlevé leur masque), sans prendre en compte le fait qu&rsquo;une partie de leur public ne vient peut-être plus justement à cause du relâchement total des mesures sanitaires depuis mars 2022.</p>



<p class="has-text-align-justify">Bien d&rsquo;autres facteurs sont à prendre en compte, complexes à démêler les uns des autres tant ils s&rsquo;interpénètrent. Je parlerais d&rsquo;une sorte de virilisme incongru face à un virus (« Moi même pas peur ») qui entretiendrait un validisme inavoué (« confinons les plus fragiles », « chacun fait comme il veut », <a href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Great_Barrington" target="_blank" rel="noreferrer noopener">GBD style</a>, sans doute inconsciemment), le tout guidé par l&rsquo;importance du paraître. Cela suscite une gêne à porter le masque, objet à forte connotation négative, car il renverrait à l&rsquo;imaginaire du bâillon, de la soumission ou de la peur, que l&rsquo;artiste a la lourde tâche de pourfendre.</p>



<p class="has-text-align-justify">Je mentionnerais également la terrible pression sociale sur celui ou celle qui aurait quand même envie de se protéger. Cette pression est l&rsquo;une des raisons qui explique que l&rsquo;on voit si peu d&rsquo;artistes masqués, même s&rsquo;ils avancent l&rsquo;argument qu&rsquo;il serait impossible de pouvoir respirer en jouant. <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=YtytONEz73g%20" target="_blank">Ces musiciens masqués</a> &#8211; <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=FIqvD5JOzmg%20" target="_blank">évidemment pas français</a> &#8211; montrent au passage qu&rsquo;on peut très bien y arriver, malgré la contrainte que cela engendre. Mais non, chez nous, il semble plus important de voir la gueule. Pour se donner en spectacle, il faut être VU, donc DONNER à voir ses poils au menton. Ma binette partout. L&rsquo;inverse ne serait pas généreux. Il faudrait également voir le visage si essentiel du public, pour établir une relation soi-disant authentique et vérifier qu&rsquo;il réagit bien à notre art. Je sais évidemment que certaines pratiques ou instruments demandent plus d&rsquo;efforts que d&rsquo;autres. Il n&rsquo;est peut-être pas évident pour un danseur ou un chanteur de se masquer tout le temps, bien que j&rsquo;en connaisse certains que ça ne dérange pas. Pour les comédiens cela paraît moins évident encore, et oublions carrément pour les instruments à vent. Il reste toutefois possible de se tester avant la représentation. En tous cas pour beaucoup, la honte et le tabou liés au masque sont tels qu&rsquo;il est impensable d&rsquo;en porter. Toute ressemblance avec le préserv&#8230; le préserv&#8230;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?t=285&amp;v=oaUPhZ1L_DE&amp;feature=youtu.be" target="_blank">le petit capuchon de caoutchouc des inconnus</a> est purement fortuite <strong>(4)</strong>, et n&rsquo;a d&rsquo;autre but que de proposer une récré dans cette lecture. Face à l&rsquo;éventualité de se masquer sur scène, j&rsquo;ai pu entendre « ah nan mais là ça va trop loin pour moi le délire ! &#8211; Bah, on s&rsquo;adapte au contexte, non ? &#8211; Oui justement, moi ce qui me fait peur, c&rsquo;est de m&rsquo;adapter&#8230; » ou « Il est quand même très couvrant ton masque, c&rsquo;est dommage car on voit que tu es très expressif en jouant ! » (sic).</p>



<p class="has-text-align-justify">Lors de la performance, il y a aussi parfois une volonté de proposer au spectateur un « échappatoire » au réel. Le fait de voir un masque sur un artiste annulerait donc cet effet recherché. L&rsquo;anglicisme « escapism » (échappement) caractériserait cette tendance, à cause de laquelle l&rsquo;artiste lui-même pourrait aussi être gêné par le port du masque chez les spectateurs. A ce titre, je m&rsquo;éloigne un peu du spectacle vivant en m&rsquo;étonnant qu&rsquo;il n&rsquo;y ait eu à ce jour encore aucun film de veine « réaliste » au cinéma dans lequel les personnages auraient été masqués. Eh non, car il ne faut pas que ça se voie. Il faut invisibiliser le contexte pandémique dans lequel nous sommes tous, jusque dans l&rsquo;art, et ce même s&rsquo;il est réaliste. Hâte de voir une pièce/un film ou lire un livre/une BD qui parlent des personnes vulnérables et des éclopés de la pandémie. Même s&rsquo;il y aura sans doute une série Netflix sur D. Raoult avant ça !</p>



<p class="has-text-align-justify">Il ne faut pas non plus nier le rapport étroit qui lie le monde du spectacle à celui de la fête. Le moment spectaculaire, si particulier, se déroule le plus souvent dans un lieu public, mais parvient en quelque sorte à créer du « privé », tant il y a échange d&rsquo;émotions, connivence esthétique de sensibilités particulières. Nous sommes tous ensemble à regarder la même œuvre. On aime en parler après (ou pas), un bar est fréquemment ouvert à la suite du spectacle, c&rsquo;est un moment de partage qu&rsquo;il est très agréable de prolonger par la fête. Celui ou celle qui se risque à rappeler à ce moment-là l&rsquo;utilité de précautions sanitaires est un pisse-froid casseur d&rsquo;ambiance. Il ne le fait donc pas, et s&rsquo;exclut de lui-même de la bamboche.</p>



<p class="has-text-align-justify">Enfin, et là je m&rsquo;avance peut-être en conjectures car il faudrait des études précises sur le sujet (qui doivent exister mais, comme précisé plus haut, j&rsquo;ai la flemme), il semble y avoir une forte proportion d&rsquo;intermittents du spectacle convertis au vote insoumis. Si la France Insoumise proposait dans son programme de campagne présidentielle, de manière bien cachée, quelques mesures concernant la prévention des risques de contamination au Covid (amélioration de la qualité de l&rsquo;air intérieur, école par roulements etc&#8230;), elle s&rsquo;est petit à petit illustrée par son silence sur la question de la protection des plus vulnérables malgré les appels de divers collectifs depuis deux ans, son soutien réitéré à la réintégration des soignants non-vaccinés, l&rsquo;absence totale de prise de position claire et évidente sur des mesures prophylactiques simples comme le masque au profit d&rsquo;une vision hospitalo-centrée et la nécessité évidente de reconstruire les services de santé, tout en connaissant quelques errements dans le convoi de la libertay ou autres opérations des anti-tout, tout ça par pur électoralisme. On parlera ici de confusionnisme, hélas partagé par beaucoup dans le milieu artistique, comme je le mentionnais dans la première partie. On retrouve dans ce package des artistes-philosophes de tous poils tels que HK et les Saltimbanks, K. Arkana, D. Super, Akhenaton, A. Damasio, B. Stiegler, O. Cheval et j&rsquo;en passe, toutes ces personnes de gauche sur le papier, mais dont la boussole semble s&rsquo;être pétée en cours de route, à moins qu&rsquo;elle ne fusse déréglée depuis le début.</p>



<p class="has-text-align-justify">Pour finir sur ces éléments d&rsquo;explication partielle, je citerai un camarade, également musicien, dont les paroles ont réussi à synthétiser ce que je pensais obscurément sur la mentalité générale des artistes : « On est censé &#8211; nous les artisss &#8211; être des hérauts de la liberté et on sent bien confusément que nos petits camarades de jeu tiennent beaucoup à coller à cette image. Quitte à combattre des adversaires imaginaires puisque la doctrine gouvernementale actuelle a parfaitement rejoint leurs positions. »</p>



<p class="has-text-align-justify">Il me sera compliqué d&rsquo;expliquer la bonne conduite globale à tenir dans le milieu sans passer pour un donneur de leçon, ou sans risquer d&rsquo;allonger ce billet. Mais je peux toutefois citer ici les initiatives qui, selon moi, vont dans le bon sens. Car elles se sentent concernées, s&#8217;emparent du problème à bras le corps, ne minimisent pas les faits ni ne les négligent, et prennent soin des plus vulnérables sans instaurer l&rsquo;hygiénisme sécuritaire anxiogène fantasmé par celles et ceux qui ne veulent plus entendre parler de pandémie. Généralement, les trois leviers les plus importants dans la lutte contre le virus, à savoir l&rsquo;incitation ou l&rsquo;obligation du port du masque en lieu clos, l&rsquo;importance de la vaccination, et la surveillance de la qualité de l&rsquo;air, sont au centre de ces démarches, leur communication est assumée et sans ambiguïté. Ces exemples sont parfois liés au spectacle, parfois à d&rsquo;autres rassemblements culturels, voire politiques. Je vous invite à ouvrir les liens pour avoir plus d&rsquo;informations. Citons donc pêle-mêle le<a rel="noreferrer noopener" href="https://actualitte.com/article/105586/tribunes/festival-litteraire-ou-cluster-la-pandemie-n-est-pas-terminee" target="_blank"> festival des cultures imaginaires Ouest Hurlant</a> (Rennes), le Syndicat des Travailleurs.ses du Jeu Vidéo aux<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.stjv.fr/2022/01/covid-19-autodefense-sanitaire/" target="_blank"> principes clairs</a> et aux<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/stjv_fr/status/1580509159598219264" target="_blank"> événements inclusifs</a> (et<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/MattiaRigotti/status/1561274328125263872" target="_blank"> ce tweet édifiant</a>, pour le plaisir ), des collectifs comme<a rel="noreferrer noopener" href="https://lesguerilleres.wordpress.com/2022/02/26/autodefense-sanitaire/" target="_blank"> Les Guérillères</a> (Paris) ou des bistrots comme<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/ChezJosette/status/1577011902164914176" target="_blank"> Chez Josette</a> (Charleville-Mézières),<a rel="noreferrer noopener" href="http://lelieudelautre.com/evenement/carte-blanche-a-no-anger/" target="_blank"> des salles comme Le Lieu de l&rsquo;Autre</a> (Arcueil), et également<a rel="noreferrer noopener" href="https://productionespace.sciencesconf.org/" target="_blank"> des colloques divers</a> appelant à l&rsquo;autodéfense sanitaire ou encore des communiqués exemplaires d&rsquo;organisations politiques comme<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Pour-une-auto-defense-sanitaire" target="_blank"> celui de l&rsquo;UCL</a>. Ces exemples ne sont certes pas légion, mais il en existe sûrement d’autres, et ils montrent qu&rsquo;il est possible d&rsquo;envisager autre chose que de s&rsquo;enfouir la tête dans le sable en attendant que ça passe, au détriment des plus fragiles d&rsquo;entre nous.</p>



<p class="has-text-align-justify">1. Pour une approche ludique, je vous invite à flâner sur le site du<a rel="noreferrer noopener" href="http://sars-cthulhu.e-monsite.com/" target="_blank"> faux jeu Sars- Cthulhu</a>, qui répertorie les mantras mentaux invoqués par beaucoup d&rsquo;individus lorsque l&rsquo;on aborde le sujet Covid.</p>



<p class="has-text-align-justify">2. Ces mêmes médias donnent par contre facilement de la visibilité à des théories scientifiques parfois très controversées, comme récemment celle de la  » dette immunitaire  » , qui aurait expliqué à elle seule l&rsquo;épidémie de bronchiolite et la saturation des urgences pédiatriques. A ce titre, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.lexpress.fr/sciences-sante/sciences/dette-immunitaire-n-abandonnons-pas-nos-enfants-au-pretexte-d-une-theorie-infondee_2184032.html" target="_blank">lire cette tribune</a> qui analyse le risque de relayer trop rapidement de tels discours.</p>



<p class="has-text-align-justify">3.&nbsp; Lire<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.npr.org/2022/09/19/1122947022/tour-canceled-covid-safety-concerts-masks" target="_blank"> cet article</a> sur les artistes nord-américains, qui montre en creux l&rsquo;absence de prise de parole des artistes français sur le sujet, ou encore cette étude qui analyse <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7808728/" target="_blank">les répercussions des contaminations sur le métier de chanteur</a></p>



<p class="has-text-align-justify">4. Cet article de août 2020 abordait déjà les résistances face au masque, et proposait une lecture comparative avec celles contre le préserv…le préserv… <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.huffingtonpost.fr/politique/article/l-histoire-du-port-du-preservatif-nous-renseigne-sur-les-resistances-au-masque_168588.html" target="_blank">&nbsp;L&rsquo;histoire du port du préservatif nous renseigne sur les résistances au masque (huffingtonpost.fr)</a></p>



<p>6 déc. 2022 18:24</p>
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		<title>Voyager masquée à Cali, dépaysement assuré !</title>
		<link>https://winslow.fr/voyager-masquee-a-cali-depaysement-assure/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 29 Oct 2022 09:55:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslowsantepublique.wordpress.com/?p=453</guid>

					<description><![CDATA[<p>Vous savez quoi? Il est possible de ne pas se faire agresser ni maltraiter quand on porte un masque dans la rue ou dans un restaurant : et ça se passe à Cali, en Colombie.</p>
<p>Depuis que le port du masque n’est plus obligatoire à Paris, il est devenu parfois dangereux de le porter. Les gens me demandent de l’enlever en me criant que ce n’est plus obligatoire, voire se jettent sur moi pour me l’arracher. Ceci à l’air libre et dans les espaces clos. Dans les meilleurs des cas, je dois me justifier auprès des gens, et c’est trop fatiguant.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-justify">Vous savez quoi? Il est possible de ne pas se faire agresser ni maltraiter quand on porte un masque dans la rue ou dans un restaurant : et ça se passe à Cali, en Colombie.</p>



<p class="has-text-align-justify">Depuis que le port du masque n’est plus obligatoire à Paris, il est devenu parfois dangereux de le porter. Les gens me demandent de l’enlever en me criant que ce n’est plus obligatoire, voire se jettent sur moi pour me l’arracher. Ceci à l’air libre et dans les espaces clos. Dans le meilleur des cas, je dois me justifier auprès des gens, et c’est trop fatiguant.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ainsi, quand j’ai pris des vacances à Cali cet été, ce fut pour moi une vraie déconnexion. Là-bas, les masques sont obligatoires seulement dans les lieux de soins. J’étais donc agréablement surprise de voir quelques personnes (beaucoup plus qu’à Paris) se promener masquées dans la rue, parfois en FFP2. Et oui, à Cali, à 30 degrés, les gens portent des masques à l’air libre et ils arrivent à respirer.</p>



<p class="has-text-align-justify">Étant malade chronique depuis des années, je vois régulièrement des médecins, à Paris et à Cali. J’ai pu ainsi comparer divers espaces de soins et de loisirs entre les deux villes.</p>



<p class="has-text-align-justify">Spoiler : Paris gagne le prix de l’hostilité.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">A la différence des hôpitaux que je fréquente en France, où les salles d’attente n’ont même pas une fenêtre, l’architecture des salles d’attente des cliniques que j’ai visitées à Cali permet une grande circulation d’air. Certaines de ces salles sont, on pourrait dire, à l’air libre. Avec mon capteur de CO2 dans la main, à 450-500 PPM, j’étais sûre de respirer de l’air qui n’avait jamais été dans les poumons d’autres personnes.</p>



<p class="has-text-align-justify">Un fait malheureux rapproche toutefois les lieux de soins de ces deux villes : la saleté de l’air et les fenêtres fermées durant le rendez-vous. Et oui, si les autres espaces des cliniques à Cali (cafétérias, restaurants, couloirs) sont ouverts, les consultations et les examens médicaux se déroulent dans des cabinets clos sans ventilation. Ces espaces sont fermés à cause de la climatisation et même si c’est rafraîchissant, l’air est tout sauf frais. Comme à Paris, le taux de CO2 peut atteindre, dans les meilleurs des cas, 900 PPM et dans les pires 2000 PPM. On respire donc les microbes des médecins et des autres patient-es qui sont passé-es avant nous.</p>



<p class="has-text-align-justify">Mais par contre, dans les cliniques de Cali le masque est encore obligatoire, et il est porté correctement par la plupart des gens, ce qui permet une certaine sécurité. J’ai rarement vu des masques sous le nez dans les lieux de soins où je me suis rendue. Et pourtant, ils arrivent toujours à respirer 🙂</p>



<p class="has-text-align-justify">D’ailleurs, une des cliniques affiche un message clair sur son site internet : il faut aérer en permanence et <em>«&nbsp;il n’y a pas, pour l’instant, de traitement ni de vaccin 100% efficace contre le covid, <strong>la seule manière de se protéger est d’éviter de l’attraper</strong>.&nbsp;»</em></p>



<p class="has-text-align-justify">Il faut préciser que les FFP2 dans les cliniques sont presque la norme. Tous-tes les médecins en portent, même avec l’élastique autour de la tête (pour créer une bonne fermeture hermétique). Les internes en portent aussi qui leur sont procurés par l’Université, le personnel qui fait le ménage utilise des FFP2 pourvus par l’entreprise prestataire, et il en est de même pour le personnel des ambulances et les brancardiers. Les seules personnes qui portent des masques chirurgicaux sont les secrétaires (je n’ai pas compris pourquoi).</p>



<div class="wp-block-media-text alignwide has-media-on-the-right is-stacked-on-mobile is-vertically-aligned-top" style="grid-template-columns:auto 49%"><div class="wp-block-media-text__content">
<p class="has-text-align-justify">Les centres commerciaux semblent également avoir intégré l’idée de la transmission aéroportée qui n’a visiblement pas encore touché les lieux de soins en France. Bien que les masques y soient beaucoup moins présents, il y a un effort d’aération. Les locaux, même ceux qui ont de la climatisation, laissent les portes ouvertes. Et le plus important, personne ne regarde méchamment celleux qui portent des masques et on n&rsquo;est pas obligé de se justifier. Le plus étonnant fut de voir des panneaux publicitaires au sein d’un centre commercial avec des personnes masquées et <em>«&nbsp;heureuses&nbsp;»</em>.</p>
</div><figure class="wp-block-media-text__media"><img loading="lazy" decoding="async" width="366" height="316" src="https://winslowsantepublique.wordpress.com/wp-content/uploads/2022/10/capture-decran-2022-10-29-114358.jpg?w=366" alt="" class="wp-image-457 size-full" srcset="https://winslow.fr/wp-content/uploads/2022/10/capture-decran-2022-10-29-114358.jpg 366w, https://winslow.fr/wp-content/uploads/2022/10/capture-decran-2022-10-29-114358-300x259.jpg 300w" sizes="(max-width: 366px) 100vw, 366px" /></figure></div>



<p class="has-text-align-justify">Il y a aussi un fait très surprenant pour des français probablement : le port du masque systématique de la part du personnel dans certains endroits qui offrent des services à l’air libre. Par exemple, un massage dans un spa où toutes les travailleuses portaient des masques, et ce même en plein air. Ou encore les restaurants avec des grandes terrasses, dont les serveurs et serveuses portent des masques (en octobre 2022).</p>



<p class="has-text-align-justify">Et le meilleur pour la fin : il y a des colombien-nes qui font du sport avec un masque, même à l’air libre ! Et ne meurent pas étouffé-es !</p>



<p class="has-text-align-justify">Cette utilisation du masque serait-elle liée au fait que les personnages politiques en ont porté en public et dans les médias bien plus longtemps qu&rsquo;en France ? Je ne sais pas. Mais le message semble être passé dans la population.</p>



<p class="has-text-align-justify">Malgré tout ce que je viens de décrire, il ne faut pas non plus idéaliser la Colombie : là-bas, on n’a pas assez de tests, il n’est donc pas facile d’y accéder, on n’a pas de statistiques fiables, on n’a pas un bon système de santé, etc. Les gens choppent des <em>«&nbsp;rhumes&nbsp;»</em> à répétition et on n’a même pas entendu parler du Paxlovid.</p>



<p class="has-text-align-justify">Néanmoins, ces bonnes vacances m’ont permis de voir qu’il était possible de vivre autrement, même en l’absence de politiques publiques fortes et d’un investissement de l’Etat. J’aimerais bien y retourner cet hiver pour échapper à la catastrophe à Paris où, à cause du froid, tout se déroulera en intérieur, fenêtres fermées, sans ventilation ni filtre HEPA.</p>



<p class="has-text-align-justify">Après, il faut juste trouver le courage (et le budget) pour prendre l’avion pendant dix heures d’affilée. Au passage, merci Avianca et Iberia pour le maintien du port du masque, même si ça ne réduit pas les 2000 PPM qui flottent dans vos cabines. Il ne me reste plus qu&rsquo;à apprendre à boire et à manger en apnée.</p>



<p>29 oct. 2022 12:42</p>
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		<title>Salut l&#8217;artiste ! Alors, cette pandémie ?</title>
		<link>https://winslow.fr/salut-lartiste-alors-cette-pandemie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Sep 2022 09:50:59 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslowsantepublique.wordpress.com/?p=313</guid>

					<description><![CDATA[<p>Le déni général autour de la pandémie de covid-19, ainsi que la gravité de sa relativisation, n'est plus à démontrer. Mais je veux ici expliquer comment il affecte le domaine du spectacle d'une manière bien particulière.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-justify"><strong><em>«&nbsp;Mais t&rsquo;es qui, toi&nbsp;?&nbsp;»</em></strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Oui, tu as raison. Avant d&rsquo;entamer ce billet, il n&rsquo;est pas inutile d&rsquo;expliquer d&rsquo;où je parle. Je suis musicien et je suis intermittent du spectacle depuis une petite dizaine d&rsquo;années, après avoir enseigné, comme beaucoup, au sein d&rsquo;écoles de musique. J&rsquo;ai pu apprécier un certain confort, évidemment relatif sur l&rsquo;échelle de Zazie, lors de mon accès au statut, suite à des années de maigres salaires à temps partiels, tout en éprouvant le travail de Sisyphe que cela représente. J&rsquo;évolue dans un réseau à mi-chemin entre la musique et les arts de rue, au sein de plusieurs groupes et compagnies de théâtre. Je prends un plaisir monstre à partager nos créations avec tous les publics, dans une effusion d&rsquo;adrénaline, de trac, d&rsquo;émulation de groupe, d&rsquo;euphorie et d&rsquo;émotions variées. La musique, c&rsquo;est cool, en vivre tant bien que mal, c&rsquo;est génial.</p>



<p class="has-text-align-justify">Néanmoins, je ressens actuellement une sorte de dissonance avec ce milieu, ou une partie du moins, qui croît depuis 2020 et la crise sanitaire. Elle est aujourd&rsquo;hui trop forte pour que je continue à faire comme avant. C&rsquo;est cet écart que je vais tenter d&rsquo;analyser ici.</p>



<p class="has-text-align-justify">Il n&rsquo;est pas inutile non plus de préciser que je partage ma vie avec une personne à risque, malade chronique depuis trois ans, toujours en errance médicale, à mes yeux bien plus forte et courageuse que vulnérable. Nous avons un enfant fréquentant l&rsquo;éducation nationale, option <em>«&nbsp;vivre avec les clusters joyeux et insouciants&nbsp;».</em> Ce contexte particulier n&rsquo;est pas rare au sein de la population, en tous les cas pas au point d&rsquo;être considéré comme quantité négligeable dans les choix des décideurs politiques tels qu&rsquo;ils sont pris, à savoir de la manière la plus incohérente qui soit, depuis deux ans et demi.</p>



<p class="has-text-align-justify"><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.liberation.fr/societe/sante/covid-19-la-victoire-par-deni-20220615_3FFFH3QPTNFIHJU7AXMNYLLHD4/" target="_blank">Le déni général </a>autour de la pandémie de covid-19, ainsi que <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.jefklak.org/face-a-la-pandemie-le-camp-des-luttes-doit-sortir-du-deni/" target="_blank">la gravité de sa relativisation</a>, n&rsquo;est plus <a href="https://blog.ecologie-politique.eu/post/Casser-le-thermometre?fbclid=IwAR2yXee3UWHysGl8bJL0MNQQWNx2tgY6bq2sOht_L-5mIa-nUhW2nJ5p8Sc">à </a><a href="https://blog.ecologie-politique.eu/post/Casser-le-thermometre?fbclid=IwAR2yXee3UWHysGl8bJL0MNQQWNx2tgY6bq2sOht_L-5mIa-nUhW2nJ5p8Sc" target="_blank" rel="noreferrer noopener">démontrer</a>. Mais je veux ici expliquer comment il affecte le domaine du spectacle d&rsquo;une manière bien particulière.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong><em>«&nbsp;Mais pourquoi tu veux parler&nbsp;que du milieu artistique, genre ?&nbsp;»</em></strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Outre le fait que j&rsquo;en fasse partie et que cela puisse constituer pour moi une sorte d&rsquo;auto-analyse sur ma position personnelle, pourquoi le cibler spécifiquement dans la réflexion liée à la pandémie&nbsp;?</p>



<p class="has-text-align-justify">J&rsquo;enfonce une porte ouverte en avançant que la première raison concerne son cœur d&rsquo;activité, le rassemblement humain. Eh oui, on assiste rarement seul à l&rsquo;événement artistique, sauf peut-être pour les fans de Tex. A partir de ce moment-là, en temps de pandémie et si l&rsquo;on s&rsquo;en soucie, la question de la gestion des contaminations se pose. Ce point repose désormais en grande partie sur les organisateurs, quand ce n&rsquo;est pas carrément sur les spectateurs, tu sais, c&rsquo;est la responsabilité individuelle. Certes, d&rsquo;autres secteurs comme le sport génèrent des rassemblements, mais si on peut imaginer des rencontres sportives sans spectateurs, cela paraît moins évident pour le spectacle. Tu me diras, pour les meetings politiques ou les rassemblements religieux c&rsquo;est pareil, alors puisque j&rsquo;ai davantage d&rsquo;expérience sur scène que dans le militantisme politique actif ou les messes de Noël, je commence par là.</p>



<p class="has-text-align-justify">Un autre facteur, peut-être plus sociologique, concerne l&rsquo;artiste lui-même, et l&rsquo;aura qu&rsquo;exerce parfois cette activité auprès des gens. Bourdieu aurait sans doute parlé ici de capital symbolique. Ce prestige confère à la parole du créateur &#8211; individuellement lorsqu&rsquo;il a déjà une certaine renommée ou collectivement lorsqu&rsquo;elle s&rsquo;exprime dans les prises de positions publiques liées aux revendications des intermittents – un poids, une valeur, parfois une impunité, que n&rsquo;aura pas, ou qu&rsquo;aura moins, la parole d&rsquo;un enseignant ou d&rsquo;un chef de rayon en supermarché, pour ne citer que deux exemples. Donc, quand <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/people/2869291-20200924-nicolas-bedos-lasse-mesures-anti-covid-19-lance-appel-rebellion" target="_blank">l&rsquo;artiste grande-gueule</a> l&rsquo;ouvre sur la pandémie <strong>(1)</strong> , il est généralement entendu. Dans le contexte que l&rsquo;on connaît, il conviendrait de peser ses mots. Mais bien souvent, il n&rsquo;y parvient pas. Peut-être par déformation professionnelle, il en fait trop et s&rsquo;aventure dans l&rsquo;indécence, ou l&rsquo;incohérence (de façade, car la logique derrière n&rsquo;est pas si trouble, elle est bêtement validiste), ou les deux à la fois.</p>



<p class="has-text-align-justify">La dernière raison, la plus importante selon moi, est que la pandémie n&rsquo;est pas terminée, on se mange actuellement le début  d&rsquo;une 8ème vague. Il y a toujours une cinquantaine/centaine de morts par jours en période de basse transmission, 300 lors des pics épidémiques, même depuis omicron. L&rsquo;idée selon laquelle on est du bon côté en étant en bonne santé et/ou vacciné sous-estime largement les risques de séquelles ( cardiaques, pulmonaires, thrombotiques, neurologiques&#8230;). <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.slate.fr/story/223440/covid-long-brouillard-mental-essoufflement-vaccination" target="_blank">Le covid long concerne 5 à 15% des malades</a>, et <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.slate.fr/story/228073/covid-long-travail-double-peine-malades-sars-cov-2-symptomes-persistants-reconnaissance-ald" target="_blank">ne dure pas forcément que 3 mois</a>. Des millions de personnes le traînent depuis deux ans et demi, ce qui peut largement foutre en l&rsquo;air une intermittence ainsi qu&rsquo;<a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/elisaperego78/status/1572721799305089026?fbclid=IwAR3Yvhzv-Koh9OH5QPcYOaQayyL5iUN1ny1NWgVY8ixvpElvVLutf7TowKA" target="_blank">une carrière</a>. De plus, la stratégie de « cocooning » ( pour ne pas dire enfermement) ou « protection ciblée » des plus vulnérables a déjà montré son inefficacité, par le reflux incessant des nouvelles vagues et de leurs victimes.</p>



<p class="has-text-align-justify">Enfin je précise que mon propos ne veut pas jeter l&rsquo;anathème sur des individus ni homogénéiser artificiellement le secteur. Je veux juste décrire une tendance fréquente à aborder le sujet complètement de travers, lorsqu&rsquo;il est évoqué (!). A mon sens, cela a participé à la création d&rsquo;un espace de discours problématiques qui sont loin d&rsquo;être marginaux dans le milieu artistique encore aujourd&rsquo;hui, et pas seulement l&rsquo;apanage d&rsquo;une bruyante minorité anti-tout. Et je vais quand même parler pas mal des intermittents du spectacle ici.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong><strong><em>«&nbsp;Ok, bah vas-y développe, ou reprend les choses à zéro, parce que là je capte pas trop.&nbsp;»</em></strong></strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Très bien. Mais même en me concentrant sur les épisodes marquants, ça va prendre du temps, car deux ans et demi, c&rsquo;est long&nbsp;! Donc à zéro, comme tu dis, c&rsquo;est le premier et seul véritable confinement, en mars 2020. Juste avant, on voit quelques messages sur les réseaux qui invitent au <em>«&nbsp;dernier concert avant la fin du monde&nbsp;»</em>, à une <em>«&nbsp;soirée incubation en compagnie de &lsquo;tel groupe&rsquo;&nbsp;»</em> et autres blagues mortellement drôles. Cela fait quelques mois qu&rsquo;on entend parler du covid et beaucoup en sont déjà (!) lassés. Puis la sidération est quand même assez générale le 17 mars. De nombreux secteurs sont à l&rsquo;arrêt, le spectacle aussi. Quelques collaborations à distance s&rsquo;organisent, pour combler le vide. On perd des heures. Celles et ceux devant renouveler leur statut à ce moment-là et n&rsquo;ayant pas pu jouer n&rsquo;y parviennent pas, la précarité frappe à la porte. Je ne nie pas les difficultés dues à cette situation. Toutefois, le milieu des intermittents sait se mobiliser, et vite.</p>



<p class="has-text-align-justify">Un hashtag <em>«&nbsp;Luttons Pour Ne Pas Mourir&nbsp;»</em> ( sic) apparaît en avril, accompagné d&rsquo;<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=EX1aI8ElliA&amp;t=145s" target="_blank">une vidéo</a>. A ce moment précis, je sens clairement en moi un début de dissonance, genre un bon quart de ton en-dessous. Surtout face à un florilège de messages tels que <em>«&nbsp;j&rsquo;ai survécu au covid, je ne survivrai pas au RSA&nbsp;» </em>/ <em>«&nbsp;Fin de droit, fin de vie&nbsp;» </em>/ <em>«&nbsp;Ci-Gît, E., costumière, morte étouffée d&rsquo;avoir été réduite à manger l&rsquo;or qu&rsquo;elle avait dans les mains&nbsp;»</em> etc&#8230; Le montage grandiloquent n&rsquo;aide pas. Une autre figure connue du combat sur les droits des intermittents se filme pour porter ses revendications et compare, au détour de son discours, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=mSHKrhUKE-o&amp;t=142s" target="_blank">la détresse des intermittents à l&rsquo;agonie des malades</a> <strong>(2)</strong>. Alors là, je me dis <em>«&nbsp;On est au début d&rsquo;une crise, c&rsquo;est la première vague d&rsquo;une maladie qu&rsquo;on ne connaît pas, certains meurent réellement, pendant que vous usez et abusez de la métaphore mortifère&nbsp;? Vous savez que les urgences sont saturées&nbsp;? Que les malades supplient véritablement pour qu&rsquo;on les sauve&nbsp;?» </em>D&rsquo;autant que l&rsquo;urgence sociale pouvait espérer trouver <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.artcena.fr/guide/droits-et-pratiques/embaucher-et-travailler/le-regime-dassurance-chomage-des-intermittents-du-spectacle/les-mesures-complementaires" target="_blank">quelques réponses temporaires</a>, même imparfaites <strong>(3). </strong>Comparaison mal placée donc, pour ne pas dire n** à ch***.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le déconfinement arrive en mai 2020. L&rsquo;activité peine à redémarrer, des spectacles sont annulés, d&rsquo;autres non, en fonction des endroits où l&rsquo;on se trouve, des jauges qu&rsquo;ils brassent. Honnêtement, j&rsquo;euphémise en disant que je ne vois pas beaucoup de gestes barrières parmi les collègues. Le mode <em>«&nbsp;youpi c&rsquo;est fini&nbsp;»</em> domine assez rapidement. De plus, la première mouture de l&rsquo;année blanche pour les intermittents est annoncée en juillet 2020, jusqu&rsquo;en août 2021. Les revendications d&rsquo;avril ont en partie abouti, mais leur teneur me laisse un goût pas très agréable.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le deuxième confinement, annoncé en octobre 2020, au moment du pic de la seconde vague, et qui se prolonge jusqu&rsquo;à la mi-décembre 2020, est moins strict que le premier, mais c&rsquo;est toujours la galère. Des voix s&rsquo;élèvent pour <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.ouest-france.fr/sante/virus/coronavirus/covid-19-on-va-mourir-et-meme-pas-sur-scene-le-monde-de-la-culture-crie-sa-colere-dans-la-rue-7087036" target="_blank">rouvrir les théâtres</a>. Là encore, une imagination fascinante s&rsquo;exprime à travers des slogans&nbsp;: <em>«&nbsp;on va mourir, et même pas sur scène&nbsp;»</em>, <em>«&nbsp;le spectacle rend vivant&nbsp;»</em>,<em> «&nbsp;on a été très patient, maintenant il faut que tout ça s&rsquo;arrête&nbsp;»</em>. Très peu de gens mentionnent les conditions dans lesquelles ils souhaitent reprendre. Et si je note parfois le soin que portent certains lieux à mettre en avant le protocole sanitaire qu&rsquo;ils ont prévu, je ne peux que constater rétrospectivement la promptitude avec laquelle ils l&rsquo;ont abandonné dès qu&rsquo;il n&rsquo;était plus obligatoire, sans forcément de baisse épidémique significative. On voit ça et là se manifester des formes de <em>« résistance »,</em> bien mal placées également, qui incitent à continuer et tenter de rouvrir malgré tout, tandis qu&rsquo;un autre héraut de la liberté, <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.youtube.com/watch?v=SyBEMRyt6Qg" target="_blank">spécimen paroxystique</a> <strong>(4)</strong>, veut simplement danser encore sur sa petite grille d&rsquo;accords ( sic). J&rsquo;ai assisté à des tours de table&nbsp;: <em>«&nbsp;on résiste en continuant ou pas&nbsp;? &#8211; Euh&#8230;contre qui on va résister en faisant ça&nbsp;? La dictature ? Et ben ! Oui oui j&rsquo;ai lu Orwell oui&#8230;Vous avez prévu quoi pour limiter les contaminations&nbsp;? »</em>. Et il faut alors expliquer que tu n&rsquo;es pas macroniste pour autant, dur dur&nbsp;!</p>



<p class="has-text-align-justify">En mai 2021, les lieux de culture peuvent rouvrir avec protocole, à savoir masque (mon dieu quelle insulte à l&rsquo;artiste !) et jauge limitée, RIEN sur l&rsquo;aération.<strong>  </strong>La vaccination commence très doucement. On aurait pu croire que l&rsquo;activité allait se remettre sur des rails tant bien que mal en considérant la réalité de l&rsquo;épidémie. C&rsquo;était sans compter sur la méconnaissance crasse de beaucoup quant au virus et son mode de diffusion principalement aéroporté. Puis le pass sanitaire et les réactions qu&rsquo;il a suscité ont continué à accentuer ma dissonance en y rajoutant une octave légèrement faussée.</p>



<p class="has-text-align-justify">Pour une partie du milieu, souvent la plus alternative mais pas uniquement, une des questions qui se posait était <em>«&nbsp;si y&rsquo;a le pass, on joue ou on ne joue pas&nbsp;?&nbsp;»</em>. J&rsquo;avais tendance à dire que, d&rsquo;un point de vue sanitaire, je trouvais plus pertinent un public masqué et une bonne aération que la vérification d&rsquo;un pass pouvant être falsifié, ou échangé avec quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre. Je ne pouvais pas défendre ce bricolage foireux qui donnait l&rsquo;illusion du choix. J&rsquo;étais déjà vacciné, et j&rsquo;aurais préféré que ça soit obligatoire, ou sinon carrément pas et on se serait battu, en tout bien tout honneur, pour que ça le devienne ( « non, il n&rsquo;a pas été développé en QUELQUES MOIS, non il ne modifie pas la STRUCTURE de l&rsquo;ADN, oui il peut y avoir des effets secondaires mais absolument rien à voir en proportion avec ceux du covid, oui il faudrait lever les brevets etc etc&#8230; »). Mais LREM a préféré encore une fois la solution fourbe. Finalement, le pass est devenu nécessaire à partir de juin 2021. Un gros travail serait nécessaire pour décrire sociologiquement ce que cette techno-solution clivante a provoqué, notamment en terme de dérapages confusionnistes, pour employer l&rsquo;expression de <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.nouvelobs.com/idees/20210911.OBS48516/les-gauches-se-perdent-dans-le-confusionnisme-des-mots-et-des-idees.html?fbclid=IwAR3OHV0tClX5sX9yxqLLiWTYdjGVSsMA9S5aQaaPSHSuvLiOIaCs_bfi1qQ" target="_blank">P. Corcuff</a>.</p>



<p class="has-text-align-justify">Les <em>« Mon corps, mon choix»</em>, <em>« Liberté d&rsquo;opinion, non au pass sanitaire»</em> et autres récupérations de slogans-liberté appliqués au vaccin n&rsquo;affichaient que peu de contradicteurs lorsqu&rsquo;ils étaient relayés. Je les entendais fréquemment dans les discours de certains artistes. L&rsquo;arrivée de ce dispositif, qui s&rsquo;est rajouté aux autres mesures, a alimenté un ras-le-bol. Tout a été mis dans le même sac, parfois même avec l&rsquo;idée que de toute façon, les maladies <em>«&nbsp;c&rsquo;est normaaaal, arrête de flippeeer&nbsp;!»</em>  (poke Lise Barnéoud de Mediapart et Alain Damasio de Chéper City <strong>(5)</strong>).</p>



<p class="has-text-align-justify">J&rsquo;ai vu passer des prises de paroles d&rsquo;artistes  déconnectés du réel, qui affirmaient vouloir jouer pour toute l&rsquo;humanité, dans sa belle diversité de choix, sous peine de perdre le sens du métier. Bon, ces gens-là finissaient quand même par jouer pour des spectateurs QR codés, et ces coups de gueule étaient à coup sûr une manière de se donner bonne conscience. Mais se rendaient-ils compte que leur public était déjà trié avant, sur bien d&rsquo;autres critères, souvent invisibles&nbsp;? Avaient-ils conscience que des personnes fragiles se privaient de spectacle depuis le début de la pandémie&nbsp;? Savaient-ils qu&rsquo;on comptait à ce moment déjà 112000 morts&nbsp;? Je ne sais combien de millions de covid longs&nbsp;? Arf, sans doute pour eux fallait-il arrêter ce décompte morbide, que d&rsquo;ailleurs plus personne ne faisait, mais qui alimentait la peur instillée par le complexe mediatico-politique hygiéniste. J&rsquo;ai donc constaté ici une forme de porosité facile entre l&rsquo;imaginaire d&rsquo;une bonne partie des artistes et certaines idées venant des milieux appelés, au choix, anti-masque, parfois anti-vax, pro-libertay, dénialiste, validiste ou rassuriste, mais version pseudo-soft. <em>«Ah oui rien à voir avec les manifs hein ! Nous on est plus malins, on est pas complotistes, on est de gauche, mais que les gens fragiles fassent d&rsquo;abord l&rsquo;effort de se soigner ( je connais un très bon étiopathe) ou qu&rsquo;ils restent chez eux, ces hypocondriaques ! Et y&rsquo;a qu&rsquo;à ouvrir plus de lits en réa tfaçons&#8230;»</em> Enfin, au bout du compte, la majeure partie a fini par se vacciner, non sans traîner des pieds.</p>



<p class="has-text-align-justify">Bref, reprenons. Début août 2021, l&rsquo;année blanche a été prolongée jusqu&rsquo;à fin décembre. Mis à part quelques syndicats, dont la CGT &#8211; jusqu&rsquo;en fin 2021, car il est resté <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.ouest-france.fr/economie/emploi/chomage/intermittents-du-spectacle-a-l-arret-il-faut-une-prolongation-des-droits-pour-les-plus-touches-8a2f26cc-6807-11ec-8ca2-e247a45f1eee" target="_blank">des failles dans les mesures d&rsquo;urgence</a><strong> </strong>&#8211; les prises de parole des intermittents se sont raréfiées. Notons ici cette étude qui a fait grand bruit, sortie fin novembre dans le <em>«&nbsp;Lancet Infectious Disease&nbsp;»</em>, sur un <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/deconfinement/covid-19-pas-de-surrisque-d-infection-lors-du-concert-test-d-indochine-a-paris-bercy_4861041.html" target="_blank">concert test géant</a> , et dont le résultat indiquait l&rsquo;absence de sur-risque d&rsquo;infection, tant que les participants portaient un masque et que l&rsquo;espace était ventilé. Enfin une bonne nouvelle pour le secteur, et la reprise des concerts debout ? C&rsquo;était en tous cas une demande des salles depuis le mois de juin 2021 <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.fedelima.org/article446.html" target="_blank">à travers cet appel</a>, qui n&rsquo;affichait aucune considération quant à la volonté de limiter les risques, simplement un sentiment d&rsquo;injustice par rapport à la reprise d&rsquo;autres collègues&#8230;( cet argumentaire enfantin <em> « oui mais les autres ils ont eu droit »</em> a été pas mal usité pendant toute cette période, dans tellement de secteurs !). Demande obtenue en janvier 2022 donc.</p>



<p class="has-text-align-justify">Malheureusement pour les personnes fragiles, l&rsquo;arrivée d&rsquo;omicron fin 2021 début 2022 a tout pété. Il aurait certainement fallu refaire un concert test à ce moment-là, mais ça n&rsquo;a pas été le cas. Y&rsquo;en avait marre et pis c&rsquo;est tout. Une grande frange de la population a suivi le narratif du <em>«&nbsp;mild omicron&nbsp;»</em>, serinés que nous étions d&rsquo;éléments de langage magique tels que <em>«&nbsp;endémique&nbsp;», «&nbsp;post-pandémie&nbsp;»</em>&#8230;sans prendre en compte le fait que si le virus semblait moins dangereux &#8211; pas pour tous &#8211; et plus contagieux, mais que l&rsquo;on abaissait trop la garde, plus de monde serait infecté, donc plus de gens développeraient de formes graves, de séquelles ou autres complications.</p>



<p class="has-text-align-justify">Donc malgré la reprise d&rsquo;une sixième vague et un nombre de décès approchant les 150000, la fin du masque en lieu clos au mois de mars ( mais le maintien du pass (!?), un jour il faudra qu&rsquo;ils nous expliquent&#8230;), a provoqué le basculement dans la période que l&rsquo;on connaît encore aujourd&rsquo;hui, celle de l&rsquo;invisibilisation de la pandémie, de ses victimes et des personnes à risque. Croyez-moi que le monde du spectacle s&rsquo;est engouffré là-dedans la tête la première, il n&rsquo;attendait que ça. C&rsquo;est pour moi la dernière dissonance, celle qui dérange vraiment, car elle rejoint le silence général. Pour le constater, il suffit d&rsquo;observer aujourd&rsquo;hui les annonces d&rsquo;événements, de festivals, de manifestations artistiques, et autres communications du milieu culturel. On se croirait revenu en 2019. On aurait pu imaginer, à minima, des mentions précisant les conditions des événements, même en tout petit dans un coin d&rsquo;affiche. Mais non, mutisme TOTAL, à part certains qui précisent parfois<em> «&nbsp;plein air&nbsp;»</em>. Tout cela a été encouragé par le fait qu&rsquo;aucun politique, lors des élections du printemps, n&rsquo;a abordé la question. La page est tournée. Sauf pour les personnes vulnérables, leur entourage, celles et ceux qui se soucient de la santé publique et qui savent que ça n&rsquo;est pas terminé. Monde d&rsquo;après, allez disons-le, tout pourri.</p>



<p class="has-text-align-justify">On me fait remarquer que, pendant ces deux années et demi, les lieux conventionnels ont suivi les consignes ( <em>«&nbsp;Oui mais on en a fait des efforts&nbsp;! T&rsquo;es gonflé&nbsp;!&nbsp;»</em>). Ce à quoi je réponds : <em>«&nbsp; D&rsquo;accord&#8230;et maintenant&nbsp;? En fait vous n&rsquo;aviez pas le choix. Maintenant que vous l&rsquo;avez et que vous pourriez faire des choses plus intelligentes que ce que vous a demandé le gouvernement, vous ne dites plus rien, et en faites encore moins.»</em> Or ne rien dire c&rsquo;est laisser-faire. Et au milieu de l&rsquo;aphonie générale, dire c&rsquo;est faire un peu, quand ça n&rsquo;est pas des paroles en l&rsquo;air et que les actes suivent.</p>



<p class="has-text-align-justify">Après ce récapitulatif chronologique rébarbatif, difficile de ne pas constater une tendance au monde du spectacle, observable très vite dès le début de la crise, à s&rsquo;être centré exclusivement sur sa corporation en minimisant la considération du contexte sanitaire qui nous concerne tous, comme s&rsquo;il s&rsquo;agissait de deux problèmes distincts, à avoir voulu passer rapidement à autre chose, à ne pas avoir su parfois contre qui ou quoi porter sa colère, à avoir tiré dans toutes les directions, même confusionnistes, sans prendre réellement la mesure de ce qui était, et est encore en train de se passer, ou bien à se taire complètement. La majeure partie des efforts ont été entrepris pour&nbsp;:</p>



<ol class="wp-block-list">
<li> obtenir des mesures d&rsquo;urgence, mais en affichant les revendications par des moyens impudents, souvent indécents.</li>



<li>chercher des fenêtres d&rsquo;ouverture pour rejouer le plus vite possible, afin de pouvoir faire ses heures et relancer le secteur, sans montrer réellement de volonté pro-active de réduction des risques , si ce n&rsquo;est le suivi à la lettre des consignes du gouvernement.</li>



<li>se rebeller donc souvent, ou du moins afficher un agacement, contre toute forme de protection imposée par ce même gouvernement, qu&rsquo;elle soit efficace ou non ( le masque n&rsquo;a pas trop eu la cote dans les salles pendant les 21 mois de son obligation, nous en parlerons dans une deuxième partie), et passer sous silence les discriminations actuelles qui éloignent de l&rsquo;art et de la société les personnes vulnérables.</li>



<li>abandonner les mesures dès que possible et considérer désormais que c&rsquo;est de l&rsquo;histoire ancienne, ou qu&rsquo;il ne sert plus à rien d&rsquo;en parler.</li>
</ol>



<p class="has-text-align-justify">En temps de pandémie, il aurait été possible d&rsquo;imaginer une parole qui allie à la fois ce que le secteur a revendiqué en terme d&rsquo;aide demandée à l&rsquo;Etat ET des mesures sanitaires cohérentes limitant réellement les risques, les deux aspects portés simultanément à égale importance. Pourtant, ce qui a guidé les revendications d&rsquo;une grande partie des artistes et des professionnels du spectacle, ce n&rsquo;est pas la gestion des contaminations ou la protection des personnes, même quand ils l&rsquo;affichaient, mais la volonté de sauver leur peau.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong><em>«Rrrpchh,&#8230;Hein&nbsp;?&#8230;Excuse-moi j&rsquo;me suis un peu assoupi&#8230;et beh&nbsp;! Mais comment ça se fait ? Et puis, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;on peut faire alors, concrètement&nbsp;? &nbsp;»</em></strong></p>



<p><em><strong>Dans quelques semaines sortira une deuxième partie, axée sur quelques ressorts qui sous-tendent le déni, au niveau global et surtout dans le milieu, ainsi que des pistes à explorer pour l&rsquo;avenir, si l&rsquo;on désire que ça change. En attendant, vous pouvez lire <a href="https://www.slate.fr/story/232499/covid-19-scenarios-rentree-leviers" target="_blank" rel="noreferrer noopener">ceci</a> !</strong></em></p>



<p>1/ En 2020, le grand nigaud <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.20minutes.fr/arts-stars/people/2869291-20200924-nicolas-bedos-lasse-mesures-anti-covid-19-lance-appel-rebellion" target="_blank">Nicolas Bedos n&rsquo;a pas pu s&rsquo;en empêcher</a>, évidemment amplifié par la caisse de résonance médiatique people. Si on ne peut pas le mettre vraiment sous la même bannière qu&rsquo;un artiste galérien, certains réflexes, par exemple d&rsquo;indignation flirtant avec la provocation adolescente, sont des traits qu&rsquo;ils peuvent partager.</p>



<p>2/<em> </em><a rel="noreferrer noopener" href="https://youtu.be/mSHKrhUKE-o?t=142" target="_blank"><em> » Je ne sais même pas pourquoi on doit mettre tant d&rsquo;énergie à ça, imaginez qu&rsquo;au niveau de la crise sanitaire, si les malades mettaient autant d&rsquo;énergie pour dire «&nbsp;il faut me sauver, sinon, si vous ne me soignez pas, on va mourir&nbsp;!&nbsp;». Il faut que, en face, E. Philippe, Macron, Pénicaud et compagnie comprennent que s&rsquo;ils ne font rien, on va mourir, c&rsquo;est obligatoire&nbsp;! « </em> </a>( S.Churin)</p>



<p>3/ Il existe d&rsquo;obscurs dispositifs d&rsquo;aide de Pole Emploi, comme par exemple<a rel="noreferrer noopener" href="https://www.artcena.fr/guide/droits-et-pratiques/embaucher-et-travailler/le-regime-dassurance-chomage-des-intermittents-du-spectacle/les-mesures-complementaires" target="_blank"> l&rsquo;APS (Allocation de Professionnalisation et de Solidarité) ou l&rsquo;AFD ( Allocation de Fin de Droits)</a> qui, dans un contexte comme celui-ci, peuvent permettre malgré tout de voir venir un tant soit peu.</p>



<p>4/<a rel="noreferrer noopener" href="https://youtu.be/SyBEMRyt6Qg" target="_blank"> <em>«&nbsp;Danser encore&nbsp;»</em></a> ( HK et les Saltimbanks) est devenu l&rsquo;un des hymnes du convoi de la liberté.</p>



<p>5/ A plusieurs reprises, Lise Barnéoud s&rsquo;est illustrée par des articles au titre trouble ( si seulement il n&rsquo;y avait eu que le titre!) <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.mediapart.fr/journal/france/120521/vaccins-covid-calculez-votre-balance-benefice-risque-personnelle" target="_blank">notamment ici</a>, avec <a rel="noreferrer noopener" href="https://blogs.mediapart.fr/arnaud-bontemps/blog/130521/lettre-mediapart-benefices-et-risques-de-la-vaccination-sont-ils-comparables" target="_blank">une réponse argumentée là</a>. Plus récemment, toute une série d&rsquo;articles à créé la polémique à juste titre car non seulement ils ont affiché des erreurs ( corrigées sur les chiffres mais pas sur le fond) mais en plus ils avançaient une vision du «&nbsp;vivre avec&nbsp;» contre laquelle nous nous inscrivons, car il se rapproche bien souvent d&rsquo;un «&nbsp;laisser-faire&nbsp;». Ici sur <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.mediapart.fr/journal/france/290722/vaccination-jusqu-ou-doit-aller-l-altruisme" target="_blank">la vaccination des enfants</a> ( avec <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/themislv_vls/status/1554160354351095810" target="_blank">une excellente réponse ici</a>)et là en mode <em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.mediapart.fr/journal/france/090822/faut-il-apprendre-vivre-avec-les-microbes" target="_blank">«&nbsp;il était une fois la vie des microbes&nbsp;»</a>.</em> Pour Alain Damasio, <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/cabriolesdouze/status/1511716543335436288" target="_blank">cette publication sur twitter résume le personnage</a>. Toutes ces idées infusent assez aisément au sein d&rsquo;un lectorat plutôt de gauche sur le papier, mais qui n&rsquo;est pas gêné de laisser sur le bas-côté des millions de personnes.</p>



<p> </p>



<p>4 oct. 2022 14:01</p>
<p>L’article <a href="https://winslow.fr/salut-lartiste-alors-cette-pandemie/">Salut l&rsquo;artiste ! Alors, cette pandémie ?</a> est apparu en premier sur <a href="https://winslow.fr">Winslow Santé Publique</a>.</p>
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		<title>Santé : le nouvel obscurantisme</title>
		<link>https://winslow.fr/covid-et-sante-le-nouvel-obscurantisme/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 09 Sep 2022 07:05:06 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Il y a quelques mois, on a subi cet édito hallucinant de bêtise et de validisme de Denis Robert, qui se moquait ouvertement des personnes, fragiles ou non, qui portaient encore le masque (pour rappel : “Pour la première fois depuis plus de deux ans, je voyage sans masque et m’étonne cependant de voir, ça et là, quelques résistants le porter toujours, embrigadés qu’ils sont à craindre d’être contaminés par un sourire humain” voir vidéo1) .</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Santé : Le nouvel obscurantisme</h2>



<p class="has-text-align-justify">Il y a quelques mois, on a subi cet édito hallucinant de bêtise et de validisme de Denis Robert, qui se moquait ouvertement des personnes, fragiles ou non, qui portaient encore le masque (pour rappel : <em>“ Pour la première fois depuis plus de deux ans, je voyage sans masque et m’étonne cependant de voir, ça et là, quelques résistants le porter toujours, embrigadés qu’ils sont à craindre d’être contaminés par un sourire humain ” </em><a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1559912725156925443" target="_blank">voir vidéo</a><sup>1</sup>) . En entendant cela, on peut se poser une question, qui était déjà lancinante depuis Omicron&nbsp; : comment vont être considérées les personnes qui veulent se protéger, dans la <em>“ nouvelle normalité ”</em> COVID 2022-2023 ?&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Une petite histoire lue dans la presse m’a interpellée récemment : le chanteur Mike Patton, suite au confinement, a annulé toute une tournée à cause d’une agoraphobie qu’il aurait depuis, mais qu’il semble avoir déjà plus ou moins ressentie (dans l’article on comprend surtout qu’il était plus solitaire que la moyenne). Il s’autoflagelle <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.metalzone.fr/news/174551-faith-no-more-mike-patton-annuler-concerts-reclus-asocial-peur-gens/" target="_blank">dans un article</a>, y raconte qu’il a blessé et énervé ses amis et collègues à cause de cela, et on comprend qu’il va tenter de se soigner pour pouvoir aller dans les foules à nouveau. Question : quelqu’un s&rsquo;est-il inquiété des raisons pour lesquelles cette personne a peur du COVID ? Est-ce que Mike Patton n’a pas ses raisons de ne pas vouloir aller dans les mégafoules en pleine pandémie ? Est-ce que ce n’est pas le monde qui est fou de laisser les gens, les enfants se contaminer en masse et à répétition au COVID ? Et donc : le monde ne peut-il donc pas s&rsquo;adapter, lui aussi, aux personnes soucieuses de leur santé pour leur permettre d’évoluer tranquillement ? La thérapie et la psychologisation tous azimuts est une manière outrageusement simpliste de donner raison à la situation présente pandémique. Et cela justifie l’inaction.</p>



<p class="has-text-align-justify">[ Enfin, pourquoi cette tendance à insister sur ses problèmes psy préexistants : ne serait-ce pas une excellente excuse pour dire qu’il faut le rééduquer ? Est-ce que sa tendance solitaire est réellement un problème à la base ? Cela résonne désagréablement avec le fameux : <em>“ ce sont des gens qui avaient des comorbidités <strong>avant</strong> le COVID qui meurent ”</em>, bonne excuse pour dire qu’il faut les laisser se faire contaminer et qu’il est logique qu’ils meurent. Je propose que toutes les phrases commençant par <em>“ il avait déjà ***BIP*** avant le covid » soient lourdement taxées « </em> ]&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">De fait, n’assistons-nous pas aujourd’hui, au titre d’une <em>« aide »</em> qui se dit bienveillante, à la psychologisation des problèmes médicaux et sociaux ? Et par là même, dans une tendance globale de renouveau New Age étrange (surenchère sur les pseudosciences et médecines parallèles,&#8230;), à&nbsp; l’instauration d’un nouvel obscurantisme ?&nbsp;</p>



<p><strong>Les paradoxes de l’été</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Au début de l’été 2022, 71% des Français interrogés par l’IFOP pour le JDD se déclaraient favorables <em>« au retour de l’obligation du port du masque dans les transports »</em> <sup>2</sup>, mais moins de 5% le portaient effectivement. La pression sociale sur le port du masque (seulement en lieux clos mal ventilés et bondés pourtant !) est tellement forte que la plupart des personnes abandonnent, et préfèrent se conformer à la norme officieuse ambiante du <em>“ moi même pas peur ”</em>. Un tel virilisme interroge quant au sort des personnes vulnérables au COVID,  sommées de se protéger, mais en même temps stigmatisées comme <em>“ trouillardes ”</em> (ce qui est assez fort de café quand on sait à quel point une maladie chronique demande du courage à celles qui en sont affectées). Idem pour toutes les personnes soucieuses de leur santé et souhaitant éviter au maximum les contaminations : on craint fort qu’elles ne soient pas tolérées dans l’espace public, sauf si elles calquent leur comportement sur celui des autres,  la dissonance étant trop forte. Il est tellement visible aujourd’hui que les Français préfèrent que les autres crèvent, plutôt que de mettre spontanément un masque 10 minutes pendant leurs courses, dans les bus, les pharmacies. Comment la population pourra-t-elle concilier son comportement, qu’elle sait irresponsable, avec l’existence de ces rappels vivants de la réalité de l’épidémie que sont les personnes souhaitant se protéger ?</p>



<p><strong>Les personnes responsables deviennent des rebelles</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">En effet, toute une partie des gens ne voudront pas accepter ce VIVA LA MUERTE<sup>3</sup> dangereux pour eux-mêmes et pour les autres. Elles vont donc, pour des raisons diverses et qui leur appartiennent, continuer à éviter les foules, mettre des masques FFP2 dans les lieux clos qu’elles sont forcées de fréquenter, ne pas aller au resto voire même s’isoler totalement pour certaines. Elles seront très minoritaires, mais toujours là, car on ne peut renier sa propre raison, la science et le désir de se protéger. Et c’est compréhensible : auparavant, tout le monde aurait compris ce choix. Je pense que peu de gens en janvier 2022 ont continué à acheter en masse les produits pizza Buitoni et Kinder lorsqu’il y avait le risque d’e-coli.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Sauf que, pour le COVID c’est différent, puisque les gens ne VEULENT PAS METTRE LEUR FUKING MASQUE, tout contents qu’ils sont du nouveau roman à l’eau de rose qui leur est conté. Ce qui fait que le glissement va certainement continuer à aller plus loin (si-si, c’est possible). Voir des gens masqués culpabilise et insupporte la majorité. Certains réclament des droits, mettent mal à l&rsquo;aise en faisant réfléchir à la solidarité ou à la santé publique. Mince alors. Mettre les gens face à leurs incohérences ou leurs lâchetés, c’est pas cool quoi, pas sympa. Un peu comme parler du climat dans les années 2000.</p>



<p class="has-text-align-justify">Alors, que se passera-t-il ? On commence déjà à voir fleurir des témoignages de personnes masquées FFP2 qui se font moquer (<em>“coin-coin!”</em>), harceler<sup> </sup>par les fafs (voir cette <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/PeteUK7/status/1559167049913573377" target="_blank">édifiante video</a><sup>4 </sup>) dont les propos anti-science, validistes voir eugénistes commencent à <em>“passer crème”</em> dans le grand public. Vous me direz : oh mais c’est extrême, la plupart des personnes sont bienveillantes et veulent juste aider les gens à surmonter leurs névroses liées au COVID… Et hop, ça y est, c’est sorti : <em>continuer à se protéger du COVID, c’est un problème psychologique</em>. J’ai bien peur que ce soit le nouveau credo de la population, qui le dira d’un ton sympa et compréhensif, au détour d’une conversation.</p>



<p><strong>“Aider” les isolés ?</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Ainsi la particularité française de psychologisation à l’extrême des problèmes va pouvoir s&rsquo;exercer. Et je pense qu’il va falloir décortiquer et déconstruire soigneusement les mécanismes intellectuels qui vont se mettre en place. Décrypter et dénoncer le discours foireux de bienveillance teinté de chrétienté (on t’aime, on va t’aider à te soigner). L’évocation de la <em>“nature”</em> ou de l’immunité naturelle, qui elle, ferait toujours bien les choses ; on l’a tellement entendue pour les accouchements ! Entendue également pour le COVID, et sa <em>“sélection naturelle”</em>. (Alors, quand même, au cas où, on précise : la nature vous tuera sans aucun scrupule).&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Tous ces amoureux de la nature (sauf quand il s’agit d’aller pour 50€ en avion dans une capitale européenne pour les vacances) pourraient bien se mettre à <em>“conseiller”</em> puis <em>“pousser”</em> leur proche à se rééduquer par le biais d’un psy par exemple, pour soigner son agoraphobie. Bah ouais, faudrait pas remettre en cause le modèle hein, même s’il tue en masse. On préfère garder son confort et punir les minorités, comme des connards. Alors, on va me rétorquer <em>“oh mais non, on est ouverts et on accepte tout le monde, on n’est pas contre vous”</em>. Sauf que non. L’ouverture, l’inclusion, ce n’est pas seulement <em>“ne pas agresser les gens différents”</em>, ou accepter qu’ils existent, ça ne suffit pas.</p>



<p class="has-text-align-justify">Il y a ici un biais courant, dans lequel s’engouffrent beaucoup de discours culpabilisant les personnes recluses. La balance entre la pression extérieure du monde et les ressources psychologiques personnelles, penche à chaque fois du côté d’un manque ou d’une défaillance chez l’individu, sans remettre en cause le modèle dominant dans lequel évoluent ces personnes. C’est un classique que connaissent bien les gens chez qui ont été diagnostiqués des troubles du comportement ( cf troubles du spectre autistique, TDAH etc…). Plutôt que de changer les comportements collectifs ou le modèle, modeler le monde pour laisser la place à tous, on fait reposer le problème sur la personne déjà en souffrance, lui sommant de s’adapter, de <em>“guérir”</em> ou de se <em>“conformer”</em>, avec parfois des recours médicamenteux qui augmentent davantage son mal-être. Dans le cas de la pandémie, ce biais peut tout à fait s’exercer à l’encontre des personnes en <em>“isolement partiel”</em> ou total. On va tenter de les forcer à se conformer à la norme de sociabilité pandémique Yolo, car le fragile, on ne l’aime que lorsqu’il est inspirant, courageux voire téméraire, qu’il donne des leçons de vie : pas lorsqu’il demande des droits (d’ailleurs celui qui est en santé et souhaite se protéger sera encore plus mal vu : de quel droit décide-t-il de conserver sa santé alors que le reste de la population l’a jetée aux oubliettes ?). Pour éviter cela, il existe une méthode simplissime :&nbsp; créer de toutes pièces ou accentuer une supposée fragilité psychologique chez ces personnes.&nbsp;</p>



<p><strong>1er outil : Dolto et la psychologisation des problèmes</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Et ça tombe bien, car en France on a des outils pour cela. Parlons donc de cette tradition en psychanalyse qui consiste à aduler les personnalités nationales, et de passer sous silence leurs dérives pour pouvoir continuer à les invoquer à mauvais escient. Une pédiatre et psychanalyste française (alliance ultime !) est bien utile pour cela : c’est bien sûr Françoise Dolto. Dans un monde décent, on aurait tenté de l’oublier vite, ou du moins, on aurait amendé les parties délirantes de son discours. Nous ne reviendrons pas sur les fameux extraits d’interview qui ont amené cette dame, avec son package médical qui la rendait respectable, à qualifier les enfants victimes de pédophilie de <em>“complices” </em>puisqu’ils n’ont pas dit <em>“non”</em> <sup>5</sup>, ou à dire qu’il fallait aider les hommes violents plutôt que les femmes battues. Ces propos figurent toujours dans les manuels et livres de bibliothèque sans aucune correction ou note de bas de page. Le sexisme de Dolto, son homophobie (Lire <em>“Echapper à la psychanalyse”</em> de Didier Eribon), et globalement l’incapacité totale des psychanalystes français à se renouveler et à s&rsquo;amender par la suite, ont fait un mal fou en France. Et le générateur à interprétations psychanalytiques foireuses semble bugger et donne toujours grosso modo la même réponse quelle que soit la situation, réponse culpabilisante, que ce soit à l’égard des mères ou même parfois à l’encontre des victimes (Et on réentend ici la phrase culte d&rsquo;Irène Grosjean : <em>“les femmes sont battues parce qu’elles sont battables”</em>. L’horreur).&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">La gravité de la banalisation de ces phénomènes me semble suffisante pour discréditer, ou du moins traiter avec des pincettes Mme Dolto. Mais elle est Française. Comme Lacan. Alors on en fait des totems, on baptise des collèges à son nom, et on continue à l’enseigner à fond dans les écoles supérieures de formation des travailleurs sociaux (au secours !).&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">D’autant que cette psychanalyse est bien pratique, en fait : notamment lorsqu’il s’agit de nier les vécus et les droits des minorités opprimées. Et dans le cas du COVID, la sauce psychanalytique pourrait bien être la potion magique qui fait accepter aux gens le validisme et la non-gestion des problèmes sociaux. Ainsi, le problème ne serait pas la santé, les inégalités d’accès à celle-ci, la vulnérabilité et les risques accrus pour les fragiles : le problème, se serait que tous ces gens pensent et se sentent opprimés. Le problème (même 3 ans après) serait le confinement, qui créerait des soucis psychologiques aux enfants.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Bien entendu, il ne faut pas nier certaines conséquences du confinement. J’enseignais à des élèves de filière techno à ce moment-là, j&rsquo;ai échangé avec eux, je sais ce qu’ils ont vécu. Le souci, par contre, est sans doute plus lié au fait qu’ils étaient coincés à 8 dans leur petit appartement HLM de cité, qu’ils n’avaient qu’un ordi pour toute la famille, qu’ils ne pouvaient pas sortir dans un jardin. Il faut réaliser que ces enfants n’auraient pas été mieux psychologiquement, s’ils avaient perdu un membre de leur famille faute de mesures. Alors, le confinement difficile, la faute au fait de vouloir contenir le COVID, ou la faute à la ségrégation immobilière des classes populaires ? Vous le voyez le brouillard de fumée ?&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">(Ce déplacement fonctionne pour pas mal de sujets. L’éco-anxiété est individualisée, ce sera décrit comme étant de la faute aux articles qui alertent la population, et non un état normal, un réflexe de survie pour des personnes qui sont conscientes qu&rsquo;elles vont vivre un effondrement, etc…).&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Mais de toutes façons, le confinement n’est plus réclamé par personne. Mettre cet élément en avant est révélateur : encore un paravent pour l’acceptation d’un état de fait. Cet argument est d’ailleurs encore et toujours utilisé pour éviter de protéger les enfants du COVID : quel rapport ? Pourquoi évoquer <em>« l&rsquo;enfermisme »</em> quand les collectifs réclament vaccination, masques sur seuils épidémiques, aération, purificateurs pour les mômes ? Idem pour les masques et les enfants : contre toute logique (le masque est porté par les enfants en Asie depuis longtemps sans que cela pose de souci) on continue à dire que cela crée des problèmes de développement, sans aucune donnée. Il est inquiétant de voir que ce discours est souvent véhiculé par des personnes qui travaillent dans le social ou l’éducation, rapportant parfois sans analyse des impressions ou avis de tiers. Il faut dire qu’elles ont été, pour certaines, formatées pour cela. Et ne réalisent pas que ce faisant, elles propagent un discours encourageant l’inaction sur les problèmes de fond.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Il faut noter que cette tendance n’est pas que française : en Angleterre un psychologue dénonçait cette manière simpliste d’accepter des modèles inadaptés en individualisant des problèmes sociaux <sup>6</sup>.</p>



<p><strong>2eme outil : les <em>“médecines douces”</em></strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Ainsi l’adoption de normes virilistes face au COVID et la psychologisation des personnes souhaitant se protéger permet de ne pas prendre de mesures collectives (présentées comme restrictives) telles que le port du masque en lieux clos. De l’autre côté, on a la face <em>“inverse”</em>, qui elle permet de relativiser la maladie en général, quelle qu’elle soit : la multiplication des <em>“médecines douces”</em> (qui en fait ne sont pas des médecines, mais une sorte de <em>“soin”</em>). Les ostéopathes, naturopathes, pratiquants du reiki etc prolifèrent, investissent Doctolib, font l’objet de plaquettes distribuées dans les CHU, sont invoqués pour soigner les COVID long faute de traitement. Laissons de côté les gravissimes dérives de certains de ces praticiens. Ce qu’on peut noter c’est qu’ici, les destinataires sont particulièrement les femmes : ces pratiques sont largement conseillées pour l’endométriose et les maladies auto-immunes par exemple (ou pendant la grossesse, où les injonctions à la nature sont de plus en plus présentes), affections où les femmes sont très largement majoritaires. D’ailleurs plus c’est ésotérique, plus les praticiens sont souvent des praticiennes. Ces pratiques prolifèrent et remplacent la santé publique, dans le sens où elles servent de paravent à l’inaction des pouvoirs publics, dans les domaines de la santé où ils ne souhaitent pas investir. En effet, pour le cas de l’endométriose, si l’on dispose de jolies plaquettes roses sur comment gérer <em>“naturellement”</em> ses douleurs, rien au niveau de la recherche de traitement, qui se limite à la pilule (donc utilisation d’un médicament utilisé pour une autre raison, et non utilisable pour certaines). Les <em>“maladies de bonne femme” </em>sont ainsi traitées : <em>“souffrez, mais en posture de yoga”</em> &#8211; et avec le sourire SVP.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Malheureusement, celles-ci s’y investissent massivement et sont globalement les plus consommatrices et pourvoyeuses de ces <em>“médecines”</em> (faute de mieux ?). Que se passe-t-il donc ? Les <em>“vraies” </em>maladies, celles qui touchent aussi les hommes quoi, on ne fait rien car on n’est pas des chochottes, et celles qui touchent les femmes (ces hystériques) on ne fait rien non plus, et on les enrobe d’huiles essentielles ? C’est bien pratique ma foi, pour encore et toujours, justifier l’inaction.</p>



<p><strong>Le nouvel obscurantisme en Santé Publique</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Tous ces outils participent à l’avènement d’une ère obscurantiste insupportable vu le niveau de connaissances que l’on possède en 2022. Les personnes raisonnables, les fragiles connaissant leurs risques face au COVID et/ou souhaitant être soignées par la science commencent à réaliser que la psychanalyse ou la prescription de médecines alternatives va être la seule chose qui leur sera proposée face à leurs problèmes de santé, ou leur volonté de se protéger face au COVID. Essayer d’argumenter avec des études scientifiques est quasi inutile : la majorité des gens, globalement, <strong>veut</strong> tellement croire que tout peut disparaître d’un claquement de doigts, sans effort : les douleurs chroniques, l’épidémie de COVID et ses risques, le réchauffement climatique… l’essentiel étant de pouvoir vivre exactement comme avant. L’aveuglement doit donc être total, d’où le retour en arrière. Comment casser cette tendance, et éviter de se retrouver dans une situation moyenâgeuse ? L’éducation bien sûr. Mais on voit déjà les mamans louves et papas loups tenter de mettre un pied dans les écoles…<sup>7</sup></p>



<p class="has-text-align-justify">Les médecins généralistes eux-mêmes commencent à dire aux personnes vulnérables ou refusant ce <em>“vivre avec”</em> mortifère qu’elles sont excessives, qu’il faut accepter le risque, qu’un antidépresseur peut les aider. Ces personnes se verront socialement forcées de prendre des risques non souhaités : c’est déjà le cas, avec l’école, dans les pharmacies, dans certains cabinets de médecins. <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15152" target="_blank">La liste restrictive des personnes à haut risque COVID </a><sup>8</sup> ne permet pas à bien des vulnérables de se protéger au travail. La plupart auront donc le COVID, certains s’en sortiront très bien, d’autres non. Les premiers serviront de faire valoir, de justification de l’abandon total des mesures anti-COVID : <em>“Regardez ! sa santé était fragile, au final il n’a eu qu’un rhume, CQFD”</em> !&nbsp;</p>



<p><strong>Les seconds seront totalement invisibilisés.&nbsp;</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">J’ai bien peur que ce glissement soit déjà partiellement réalisé, et qu’au cours de cette année 2022, ou 2023, le stigmate soit officiellement posé sur les personnes déjà contraintes à un isolement forcé. Imaginons donc le <em>“monde d’après”</em>, petite dystopie où les personnes masquées/recluses<strong><em> </em></strong>ne seraient pas tolérées : y aura-t-il des cliniques psy spécialisées ?&nbsp; Petit à petit, on pourrait glisser de&nbsp; <em>“les personnes fragiles doivent s’auto-isoler”</em> à <em>“ce sont des hypocondriaques »</em>,&nbsp;puis <em>“elles sont en train de gâcher leurs vies en s’isolant alors qu’il vaut mieux vivre une vie courte et bien remplie, chacun le sait”</em> (et là ils mettent une chanson de Brassens ou Brel en fond sonore), jusqu’à <em>“expliquons-leur comment retrouver leur liberté perdue”</em> (qu’on leur a pourtant enlevée, en supprimant toute mesure de protection !) et enfin <em>“aidons-les à faire face à leurs peurs”</em> car nous sommes bienveillants. POUAH. Ensuite, il restera : <em>“vous avez un COVID long,  allez faire un stage de reiki”</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify">D’ailleurs, ces COVID long complètement niés ici en France, et mis sur le compte du stress ou des angoisses en disent long sur la tendance à ne pas accepter les corps faibles (sur ces COVID longs, combien ont été hospitalisés en psychiatrie faute de trouver leur pathologie ?).&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Soyons donc attentifs aux silences, puis aux changements de langage : ils annoncent souvent les retournements. Nous avions eu ce processus lors du début de campagne des élections présidentielles : on ne parle plus du virus, on fait comme s’il n’était plus là, tout le monde suit cette <em>“injonction au silence”</em>. Puis, plus tard, hop-laaaa, on parle d’ère post pandémique. Les changements de comportements de la majorité de la population ont suivi.</p>



<p class="has-text-align-justify">La même chose risque fort d’arriver pour le dernier problème posé par la pandémie : les morts, les fragiles, les séquelles à long terme. Cela fait bien longtemps qu’on a invisibilisé les 100 morts par jour. Bientôt, on n’entendra plus parler des fragiles ni des COVID long. Par quel terme les désignera-t-on lorsqu’ils demanderont des droits ? Les marginaux ? Les enfermés, les fous du COVID<strong> </strong>? On verra. Pour l’instant on est dans le silence, ça ne devrait plus tarder.</p>



<p>1 / voir video ici <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1559912725156925443" target="_blank">https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1559912725156925443</a></p>



<p>2 / voir article du JDD <a href="https://www.lejdd.fr/Societe/sondage-71-des-francais-veulent-que-le-port-du-masque-soit-de-nouveau-obligatoire-dans-les-transports-4120597" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.lejdd.fr/Societe/sondage-71-des-francais-veulent-que-le-port-du-masque-soit-de-nouveau-obligatoire-dans-les-transports-4120597</a></p>



<p>3 / Voir ce texte de Yorgos Mitralias relayé par Cabrioles <a href="https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1559199713303429120" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://twitter.com/CabriolesDouze/status/1559199713303429120</a></p>



<p>4 / Comme ici en suède où une personne se fait insulter car elle porte un FFP2 <a rel="noreferrer noopener" href="https://twitter.com/PeteUK7/status/1559167049913573377" target="_blank">https://twitter.com/PeteUK7/status/1559167049913573377</a></p>



<p>5 / Notamment dans L’ENFANT, LE JUGE ET LA PSYCHANALYSTE, Françoise Dolto et Andrée Ruffo, Gallimard, 1999 &#8211;  Extraits au sujet d’enfants abusés et violés&nbsp;</p>



<p>p.81 Dolto : … peut être que sans l’avoir cherché, l’enfant en était complice. Parce que je crois que ces enfants sont plus ou moins complices de ce qu’il se passe.</p>



<p>et p.52&nbsp;La juge : Mais on sait très bien que cet enfant est battue, qu’elle a été violée. Dolto : Oui, et d’ailleurs qu’elle le provoque.</p>



<p>6 / Article The Guardian <a href="https://www.theguardian.com/commentisfree/2022/sep/06/psychologist-devastating-lies-mental-health-problems-politics" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.theguardian.com/commentisfree/2022/sep/06/psychologist-devastating-lies-mental-health-problems-politics</a></p>



<p>7 / Un exemple d’évènement&nbsp; <a href="https://twitter.com/antifouchiste/status/1564705771128078338" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://twitter.com/antifouchiste/status/1564705771128078338</a></p>



<p>8 / <a rel="noreferrer noopener" href="https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15152" target="_blank">https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A15152</a></p>



<p>10 sept. 2022 17:27</p>
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		<title>La dernière trahison sur la gauche</title>
		<link>https://winslow.fr/la-derniere-trahison-sur-la-gauche/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Fri, 19 Aug 2022 10:41:23 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://winslowsantepublique.wordpress.com/?p=270</guid>

					<description><![CDATA[<p>On aurait été en droits d’attendre et d’espérer que la gauche française sorte renforcée et légitimée par les crises économique, climatique et pandémique. Ces trois dernières étant liées au néolibéralisme, il eut été facile d’en dénoncer les causes et de proposer enfin un nouveau modèle, durable.</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="has-text-align-justify">On aurait été en droit d’attendre et d’espérer que la gauche française sorte renforcée et légitimée par les crises économique, climatique et pandémique. Ces trois dernières étant liées au néolibéralisme, il eut été facile d’en dénoncer les causes et de proposer enfin un nouveau modèle, durable.</p>



<p class="has-text-align-justify">Un modèle, mais pas seulement économique. Un référentiel. Reposer les bases, les valeurs, distinguer ce qui a un coût de ce qui n’a pas de prix.</p>



<p class="has-text-align-justify">Même si ses hérauts s’en défendent, rappelons que le néolibéralisme n’est pas qu’un ensemble d’idées économiques prônant la supériorité des marchés comme forme de coordination sociale entre les individus. Idéologie taiseuse, c’est aussi un projet politique qui induit la réduction du pouvoir de l’État (sauf en matière de coercition sociale) et en conséquence, condamne les efforts de tout acteur collectif poursuivant un intérêt général. Le néolibéralisme se distingue et chacun le constate, comme une idéologie qui place les marchés au-dessus des États et les individus au-dessus du collectif, du contrat social, de la société… Libertay.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ainsi le néolibéralisme a créé son homme nouveau, consumériste, individualiste, court-termiste&nbsp;; finalement aussi effrayant que celui que voulut créer le stalinisme au siècle dernier.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>Ce constat, la gauche le fait la première.</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Seulement voilà. Tout comme la gauche française s’est souvent fourvoyée aux XIXème et XXème siècles, convaincue d’être par essence dans le camp du bien et ainsi peu prompte à se questionner sur elle-même&nbsp;; elle fait aujourd’hui, en abandonnant le souci de la santé publique, une faute ontologique par son antiscience et le spencerisme dans lequel elle se complait depuis l’été 2021 et sa porosité aux influences libertariennes.</p>



<p class="has-text-align-justify">Sur le colonialisme, souvenons-nous de la gauche de Jules Ferry, sa hiérarchie des races et sa mission civilisatrice. Dans l’entre deux-guerres, une partie de la gauche s’était perdue avec les néosocialistes dont le slogan était «&nbsp;Autorité, ordre et nation&nbsp;», puis avec les «&nbsp;Rassemblement national populaire&nbsp;» et «&nbsp;Parti Populaire Français&nbsp;». Comme chacun sait, on retrouvera également des figures de gauche dans le gouvernement de Vichy.</p>



<p>Sur le stalinisme ensuite, on se souvient qu’une partie de la gauche emmenée par Sartre est longtemps restée dans un déni de réalité vis-à-vis du régime soviétique. &nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Et ne parlons pas, pour ce qu’elle est encore récente dans notre Histoire contemporaine, de la complaisance toujours, de la gauche encore dominante, avec quelques personnalités au comportement de prédation sexuelle assumé.</p>



<p class="has-text-align-justify">C’est ainsi qu’aujourd’hui une partie des plus coriaces ennemis des valeurs de gauche se trouve en son sein même. Quelles qu’en soient les raisons, opportunisme politique ou aveuglement, les défis climatique et pandémique ne sont traités que sous des angles populistes&nbsp;: le pouvoir d’achat et uniquement celui-ci (sans réelle remise en cause du système néolibéral) et sous l’angle des libertés&nbsp;; les néolibéraux ayant réussi à faire croire à cette gauche que la santé publique était privative de libertés, alors qu’elle est une condition première de l’émancipation.</p>



<p class="has-text-align-justify">Nous nous retrouvons aujourd’hui avec une gauche ouvertement validiste. Elle normalise l’exclusion, la mort sociale et la (sur)mort(alité)* dans une posture viriliste et sous couvert de fatalité. Ceci alors même que sont touchés en premier lieu les citoyens économiquement les plus précaires.</p>



<p class="has-text-align-justify">Quand elle ne les ignore pas, elle regarde les vulnérables avec mépris en reprenant les mêmes caricatures que l’extrême droite («&nbsp;enfermistes&nbsp;», «&nbsp;hypocondriaques&nbsp;»…) à l’égard des vulnérables, des endeuillés ou handicapés par le Covid, ou tout simplement des personnes informées et soucieuses de la Santé Publique. Le même traitement est réservé aux médecins et chercheurs qui ne partagent simplement pas le narratif officiel. Cette gauche est incapable de se regarder dans le miroir (comme elle a du mal avec les rétroviseurs). Et donc à nous regarder, nous, pour l’image qu’on lui renvoie. A travers les vulnérables et les scientifiques qu’elle méprise, elle en dit finalement long sur elle-même.</p>



<p class="has-text-align-justify">Après toutes les erreurs qu’elle a dépassées souvent avec retard sur l’Histoire&nbsp;; aujourd’hui, nous en sommes convaincus, le nouveau défi qui se pose à elle est de renouer avec la parole scientifique sans cherry picking et ses principes d’égalité et d’adelphité sans les entacher de validisme, voire pire&#8230; La gauche doit sortir du piège libertarien dans lequel elle semble s’enferrer durablement. Probablement d’ailleurs que les positions antisciences d’une gauche politique, intellectuelle et journalistique ont vocation à combler un vide idéologique, pour compenser les contradictions qui sont les siennes et qu’elle se refuse d’admettre. Les valeurs, idées et conatus ne vivent pas indépendamment. Le sens critique réside en la pensée contre soi-même.&nbsp; Et probablement que nous sommes confrontés à une gauche qui ne le déteste pas tant que ça, ce système néo-libéral, patriarcal, qu’elle dénonce tout en s’y étant convertie au cours des années 80.</p>



<p class="has-text-align-justify">La gauche de gouvernement qui a déçu son peuple et l’a jeté dans les bras de l’extrême droite a induit l’émergence d’une gauche d’opposition plus forte. En 2021 elle a rejoint &nbsp;ce peuple abandonné à l’individualisme, au mépris du prochain (et pas seulement de l’étranger, mais aussi du différent, du fragile)&nbsp;: le <em>«&nbsp;boomer&nbsp;»</em>, le malade chronique, (même quand il est enfant…). Une gauche à la boussole défaillante qui rejoint la hiérarchisation des êtres, non plus en fonction de l’origine, mais en fonction de l’âge et/ou de la santé, qu’elle contribue par ailleurs à détériorer par son désintérêt sur les questions d’inclusion et de santé publique.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le vulnérable est devenu le nouvel étranger, l’ennemi qu’on ne veut pas regarder, en cela qu’il dérange le retour à la vie d’avant, que la gauche ne cesse pourtant de dénoncer pour son caractère inégalitaire et vorace. Le vulnérable est celui qui questionne les privilèges. C’est doublement insupportable pour celui qui prétend lutter contre, et pour l’égalité et la fraternité, tout en ayant la peur (infondée)&nbsp; que sa propre liberté de vivre en capitaliste de la santé soit altérée.</p>



<p class="has-text-align-justify">La santé publique est une expertise, une discipline, un champ d’intervention. Ne reprochons pas aux intellectuels de gauche de n’en point maitriser les axes opérationnels. Il est par contre impardonnable que ceux-ci ignorent les experts en santé publique, les associations de <em>«&nbsp;vulnérables&nbsp;»</em>, et l’état de la science, qui tous convergent dans la même direction&nbsp;: une approche systémique, durable, rationnelle, et par chance : humaniste. Car ne plus assurer un pouvoir/vouloir vivre ensemble aux différentes catégories de la population, en ignorer certaines, nous conduira à une crise sociétale d’importance. L’exclusion ou la ségrégation (qu’on a rebaptisées <em>«&nbsp;protection ciblée**&nbsp;»</em> ou <em>«&nbsp;stratégie du cocooning&nbsp;»</em>) sont un non-sens de santé publique et leur acceptation par la gauche est un reniement. Quant aux &nbsp;stigmatisations dénoncées du monde associatif au conseil scientifique en passant par le conseil d’orientation sur la stratégie vaccinale&nbsp;: la gauche les ignore, simplement ou y participe.</p>



<p class="has-text-align-justify">Le sens de l’Histoire, la raison et les valeurs ne sont pas du côté de cette gauche confusionniste. Tôt ou tard elle y sera confrontée. Probablement avec retard, elle constatera avoir raté l’occasion de sortir du rang libertarien qu’elle dénonçait auparavant…</p>



<p class="has-text-align-justify">Comme les français ont détesté la gauche privilégiée, qui s’est coupée du peuple en se convertissant au libéralisme des années 1980 à 2000, &nbsp;demain ils finiront par mépriser tout autant cette gauche une nouvelle fois fondue dans la droite, oublieuse des vulnérables que nous finirons chacun par être. Ne pas penser la vulnérabilité revient au même qu’ignorer les signes adressés par le climat. Nous pouvons vivre au jour le jour. Mais il ne faudra pas regretter que ces jours soient réduits et difficiles pour chacun et nos enfants. La santé publique est comme notre environnement, la richesse de tous&nbsp;: personne ne souhaite explicitement les détruire, pourtant c’est ce qui arrive sous nos yeux. Les effets délétères s’accumulent et ne se résorberont pas par magie. Nous nous habituons à l’inacceptable, mieux : nous intériorisons, dociles, le mantra néolibéral «&nbsp;<em>il faut vivre avec</em>&nbsp;» nouveau «&nbsp;<em>there is no alternative</em>&nbsp;»***. Dénoncer les milliardaires et le gouvernement mais en être les perroquets&nbsp;? Sérieusement&nbsp;?</p>



<div style="height:100px" aria-hidden="true" class="wp-block-spacer"></div>



<p><em><a rel="noreferrer noopener" href="https://www.insee.fr/fr/statistiques/6206305" target="_blank">https://www.insee.fr/fr/statistiques/6206305</a> *</em></p>



<p><em><a rel="noreferrer noopener" href="https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Great_Barrington" target="_blank">https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9claration_de_Great_Barrington</a> **</em></p>



<p><em><a href="https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-idees-claires/there-is-no-alternative-9207925" target="_blank" rel="noreferrer noopener">https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-idees-claires/there-is-no-alternative-9207925</a> ***</em></p>



<p>20 août 2022 8:58</p>
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		<title>Le double-sens du : “Pas touche aux enfants”</title>
		<link>https://winslow.fr/le-double-sens-du-pas-touche-aux-enfants/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Winslow]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 11 Aug 2022 14:49:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Billet]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Ce message écrit à la bombe sur un rond-point près de chez moi (où sévit une antenne Reinfocovid) me remémore à chaque fois le décompte temporel avant la rentrée des classes. Leur “pas touche aux enfants”, aux anti-tout, veut dire “surtout ne protégeons pas les enfants”, ou “laissons-les se contaminer”. </p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p><strong>Le double-sens du : “Pas touche aux enfants”</strong></p>



<p class="has-text-align-justify">Ce message écrit à la bombe sur un rond-point près de chez moi (où sévit une antenne Reinfocovid) me remémore à chaque fois le décompte temporel avant la rentrée des classes. Leur <em>“pas touche aux enfants”</em>, aux anti-tout, veut dire <em>“surtout ne protégeons pas les enfants”</em>, ou “<em>laissons les se contaminer”</em>. Symbole d’une population coupée en deux, ce même bout de phrase ramène à deux idées opposées : les uns veulent protéger leurs enfants du Covid (<em>“pas touche à mon môme, Covid&nbsp;!”</em>), les autres veulent empêcher toute mesure sanitaire dans les écoles (que ce soit le masque ou le vax). Ces derniers ont gagné : il n’existe plus de véritable protocole dans les classes, les enfants sont -eux aussi- laissés à leur <em>“responsabilité individuelle”</em> illusoire. Il reste 30 jours, 29, 28, <em>“tic-tac, tic-tac, tic-tac…”</em> avant la rentrée des classes, compte à rebours pour tous les parents fragiles ou ayant des enfants fragiles, en France.</p>



<p class="has-text-align-justify">Quelques semaines de répit avant de devoir, encore, gérer le stress des méga-clusters scolaires, puisque rien n’encadre la sécurité sanitaire des petits laissés sans masque, à 25 par classe (avec de la chance&nbsp;!) dans des écoles non ventilées, en pleine pandémie. Les quelques parents isolés qui sont, soit bien renseignés, soit fragiles, soit parents d’enfants fragiles, culpabilisent et hésitent chaque jour entre scolariser leurs enfants comme ils souhaitent le faire, ou les retirer et enseigner à domicile pour protéger leur famille – s’ils y arrivent. Ils sont isolés mais nombreux : il y en a dans chaque petite ville de France, et même sûrement dans chaque école. Mais invisibles.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>Des enfants qui ne sont protégés par RIEN.</strong> Ni masques, ni vaccin pour les 5-11 ans à l’école. Des locaux impossibles à aérer correctement, la plupart du temps. Advienne que pourra, pour un virus qui a fait nettement augmenter la population de malades cardiaques en deux ans. Et tant pis si ça génère une génération entière de malades chroniques au bout du compte. Même chez les médias que l’on croyait <em>“amis”</em>, les défenses tombent : on est en train de perdre sur ce terrain là également. La plupart de nos proches et connaissances, qui se disaient sensibles à la pandémie et à la cause de la santé publique, dûment vaccinés et se sentant complètement protégés, confessent qu’ils n&rsquo;hésiteront pas à envoyer leurs enfants en classe sans aucune protection, eux.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ce qui est sûr, c’est qu’on n’aura pas été aidés dans ce débat. Et on n’oubliera pas. On n’oubliera pas que nos alliés traditionnels ont zappé l’aspect collectif de la lutte contre l’épidémie pour prendre le chemin facile de la liberté et de la gestion sanitaire en mode ultralibéral. Avec un vaccin (certes insuffisant, mais mieux que rien) que seuls les adultes et adolescents ont reçu en France, laissant les enfants sans masque en collectivité, avec comme unique protection la <em>“sélection naturelle”</em>, et leurs <em>“défenses immunitaires innées”</em>. Nous voyons avec effarement ces discours de marabouts être adoptés par de plus en plus de nos connaissances, et on devine derrière que, pour eux, ceux qui auront mangé des oranges et des légumes bio, fait du ski cet hiver, ceux qui ont eu l’occasion d’aller en vacances avec leurs parents cet été (stocker de la miraculeuse vitamine D&nbsp;!) s’en sortiront. Et tout ira bien dans le meilleur des mondes, celui des enfants valides et socialement chanceux (sauf que non : quelques enfants jusqu’alors en bonne santé auront, l’un un Covid long, l’autre une séquelle pulmonaire ou cardio, des enfants fragiles seront hospitalisés, certains mourront, des classes entières fermeront faute de profs, etc. etc. On connaît la chanson, elle a déjà commencé).</p>



<p class="has-text-align-justify">Ainsi, concernant les mômes, nos anciens amis et faux-frères ont cédé aux sirènes de l’individualisme sanitaire, aux côtés des pires complotistes et du rassemblement national, oubliant le caractère très inégalitaire de la santé. On n’oubliera pas qu’ils n’auront pas (ou trop peu) soutenu les scientifiques, les collectifs qui réclament depuis le début de la crise des mesures de ventilation et le masque obligatoire à partir de certains seuils à l’école, ainsi que la vaccination pour éviter les formes graves et les hospitalisations (qui existent bel et bien, alors que les effets indésirables du vaccin sur cette tranche d&rsquo;âge sont quasi inexistants) : <strong>bref des mesures collectives, B.A.BA dans un système de santé digne de ce nom, dans un pays civilisé, progressiste (enfin qui l’a eu été).</strong>&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">J’en viens donc à répondre à cette question :<em> Pourquoi tant de réactions outrées, </em>certains ont-ils demandé, criant au harcèlement suite à l’article antivax du 29 juillet 2022 de Mediapart signé Lise Barneoud&nbsp;? <em>(oui antivax. Avec une telle illustration, la petite fille qui se cache les yeux face à la méchante “injection”, le doute n’est pas possible)</em>.</p>



<p class="has-text-align-justify">Ce n’est pas uniquement car les chiffres ont été tordus dans le sens que voulait prendre l’auteure de l’article, ou qu’ils ont menti sur la balance bénéfice-risques individuelle des enfants. C’est déjà grave, mais l’essentiel n’est pas là : ils ont pris le parti de ceux qui veulent laisser les enfants les plus vulnérables (face au Covid, mais pas que&nbsp;: les plus vulnérables socialement aussi, ceux ayant des parents malades, les enfants des quartiers défavorisés etc.) se ramasser les pires conséquences à long terme de la crise sanitaire, sans jamais l’évoquer dans leurs colonnes (et donc l’assumer). Révélant ainsi leur appartenance à une fausse gauche bobo bien individualiste, qui se rassure, j’imagine, sur son image de <em>“progressiste”</em> en laissant ses mômes folâtrer pieds nus au milieu des herbes folles de sa maison de campagne, un verre de vin naturel à la main et un livre de Damasio ouvert sur la table. Charlots.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">(Au fait, au milieu des herbes, vous n’avez pas vu les orties&nbsp;? Certains vont les sentir…)</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>Ainsi, on pensait naïvement que la petite musique du validisme ne pourrait pas sonner pour les enfants : <em>“Pas touche aux enfants”</em> </strong>(dans notre sens, c’est ainsi qu’on l’entend). Personne n’osera banaliser la mort d’enfants au prétexte qu’ils ont des comorbidités, aurait-on cru : ERREUR. D’ailleurs la première réponse de Mediapart lorsqu’ils ont vu l’avalanche de protestations après leur article a été celle-ci (mais SHAME&nbsp;!!) : <em>oui il y a des enfants qui sont morts, mais peu </em>(qu’est-ce que c’est, peu&nbsp;?),<em> et ces enfants avaient souvent déjà une pathologie</em>. Ok. On traduit ce que ces esprits malades ont osé dire tout haut : c’est moins grave s’il y a des pertes enfantines, tant que ce ne sont pas les leurs, de mômes, qui sont touchés (et que ça ne se voit pas trop). La nausée. Bien entendu, on n’évoque même pas les hospitalisations et les Covid longs, drames intimes laissés sous cloche.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>Alors oui, nous sommes amers</strong><em>. </em>Et oui, cela se voit dans les commentaires.<em> </em>Nous pensions naïvement qu’une partie des médias et de la gauche seraient à nos côtés, engagés pour la protection des plus vulnérables&nbsp;; or nous les voyons avec horreur participer à la banalisation des morts jusqu’à leur forme la plus terrible, celle des plus jeunes, qui ne décident même pas de leur niveau de protection. Quasi personne dans ce milieu ne soutient les mesures sanitaires de base pour les enfants. Très bien, alors que fait-on de tous les enfants cancéreux, immunodéprimés, cardiaques, greffés du rein, atteints de maladies rares (“<em>ils existent, mais ils sont pas nombreux</em>”, c’est ça&nbsp;?)&nbsp;? Répondez donc. On les laisse dans les classes, et tant pis s&rsquo;ils tombent? Leur vie compte moins parce qu’ils ont une comorbidité ? Assumez, bordel. Et le pire, c’est qu’on se permet de continuer à chanter la petite musique de l’inclusion scolaire à toutes les sauces. Le dégoût est total.</p>



<p class="has-text-align-justify">(Et… oui, ces mêmes personnes vont, hypocritement, applaudir des deux mains les clowns bénévoles qui tentent d’améliorer le quotidien des enfants cancéreux en passant dans les services : ça ne mange pas de pain. Par contre, que ces enfants malades soient tués ou handicapés par le Covid, ça ne les touche pas suffisamment pour qu’ils fassent le moindre effort pour sauver ces vies =&gt; la santé publique version charité chrétienne du 18eme siècle, quoi)</p>



<p class="has-text-align-justify">Et puis ce n’est pas le seul souci. On nous a bassiné avec la santé mentale des enfants, <em>«&nbsp;forcés&nbsp;» </em>de porter le masque en 2020 &#8211; début 2021. Très bien. <strong>Mais attention : la santé mentale des enfants dépend aussi de la santé physique et mentale de leurs parents</strong>. Comment vont les orphelins du Covid&nbsp;? M’est avis qu&rsquo;ils ne sont pas spécialement en forme. J’avais lu dans un article que dans une école du 93, un enfant par classe en moyenne était devenu orphelin (c’était en 2021). Pense-t-on que ce genre d’évènements, perdre un parent, ou les voir s’handicaper lentement, surtout lorsque l’enfant a ramené le Covid à la maison bien malgré lui, ne laisse pas autant de traces psychologiques que le <em>“traumatisme”</em> de mettre un masque en classe lors des pics épidémiques <sup>2</sup> ? Quand je pense qu’on va laisser des enfants tomber malades (ou voir leurs parents tomber malades) ou pire, tout cela pour éviter à ces gens le désagrément du masque pour leur propre progéniture, dans un délire bobo revival malsain des années 70 et d’une liberté enfantine rêvée, ça me rend dingue.</p>



<p class="has-text-align-justify"><strong>On le sait, de toutes façons : ces personnes seront inaudibles à terme</strong>. Se vautrer dans l&rsquo;anti protection des mômes aujourd’hui, bien que porteur sur le moment car <em>“cool”</em> et vu comme <em>“bon vivant”</em> après les confinements, c’est s’assurer le mépris des adultes de demain. Car la santé, c’est la vie, c’est tout. C’est la base sur laquelle les autres éléments de bien-être et les petits bonheurs de la vie peuvent se développer. Demandez à n’importe quel malade chronique : sans elle, les individus ne peuvent réellement profiter de culture, de sorties, de voyages, de bon vin. On se rappelle la pyramide des besoins de Maslow (critiquable bien sûr, mais surtout pour les derniers paliers) : où se situe la santé&nbsp;?&nbsp;</p>



<p>© Alain Lacroix &#8211; 123RF<img loading="lazy" decoding="async" src="https://lh4.googleusercontent.com/FHVXNN4b2egDkfbQNd7OEEEyMNgpaD3bvYZlAQfSjJftKc0_uokiVTOKSmkKXcc4_QC_wm9_BO0raILLf0Risc8xbIoJK5lWOBP4ENBbSVgh1IJv70klWoettAOCnJc1ODkH2826MP0DQfSPKeIfVg" width="381" height="264"></p>



<p class="has-text-align-justify">En bas : c’est la base, soutenant le reste des aspirations des individus.&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">Or la santé des enfants est, de fait, directement touchée par l’épidémie de Covid. Et pas uniquement avec des choses bénignes : Il semblerait que les évènements de type cardiovasculaires soient bien plus fréquents chez les enfants ayant eu le Covid. Les études commencent à sortir (elles sont contestées car méthodologiquement peu rigoureuses et sous-estimeraient sans doute, d’ailleurs, ces séquelles). Mais au vu des conséquences à long terme du virus sur les adultes, on peut légitimement s’interroger <sup>3</sup>. Comment peut-on parler de bien-vivre lorsqu’on laisse des enfants se multicontaminer avec un tel virus ? Vu ce que l’on observe déjà, comme l’augmentation des évènements cardiaques à un an pour les personnes ayant contracté le Covid <sup>4</sup>, on peut se douter de ce qui va arriver. Où est passé le fameux<em> «&nbsp;principe de précaution&nbsp;»</em>&nbsp;? Comment iront les enfants lorsqu’ils auront attrapé 3, 4 fois ce virus, qui a tué des millions de personnes dans le monde et dont les conséquences à long terme sont encore incomprises et inquiétantes ?&nbsp;</p>



<p class="has-text-align-justify">C’est exactement ce que n’ont pas compris ceux qui crient à l’enfermisme et nous font passer pour des rabat-joie sous prétexte qu’on ne veut pas envoyer nos enfants sans aucune armure à l’école face au Covid : nous voulons leur assurer la possibilité d&rsquo;être heureux, aujourd’hui bien sûr &#8211; mais demain aussi. <strong>Notre rôle de parents n’est pas de leur donner immédiatement ce qu&rsquo;ils veulent (ou plutôt ce que certains croient qu&rsquo;ils veulent) pour qu’ils nous aiment, mais plutôt d’appliquer le principe de précaution pour leur assurer un bien-être futur</strong>. Sachant que nous verrons tous nos enfants nous échapper, que ce sera à eux d’inventer leur bonheur, nous savons que la seule chose qu’on peut leur offrir, c’est les bases essentielles pour le construire. Il se trouve que la santé est la première de ces bases.</p>



<p class="has-text-align-justify">Je précise que nous ne parlons pas de confinement. Nous souhaitons simplement apporter une sécurité sanitaire minimale à l’école avec les outils dont on dispose : ventilation et purificateurs, masques FFP2 selon des seuils épidémiques cohérents, vaccins pour tous. Le but : une circulation virale plus gérable, un respect des droits des personnes vulnérables, le principe de précaution pour les plus jeunes. On souhaite à nos enfants d’avoir une santé identique (au moins) à celle à laquelle on a eu le droit, pour qu’ils puissent plus tard être épanouis et heureux, sans devoir subir les séquelles de la dizaine de contaminations Covid qu’ils auront eues durant leur jeunesse. Sans compromettre donc, leur droit à la santé et à la longévité, principes de base de la Santé Publique.</p>



<p class="has-text-align-justify">Alors, en effet, <em>“pas touche aux enfants”</em>. Leurs vies comptent autant que les nôtres.</p>



<p><strong>Sources:</strong></p>



<p>1 : <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-022-01689-3">https://www.nature.com/articles/s41591-022-01689-3</a> ; <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-022-00403-0">https://www.nature.com/articles/d41586-022-00403-0</a> ; <a href="https://www.nature.com/articles/d41586-022-02074-3">https://www.nature.com/articles/d41586-022-02074-3</a>.&nbsp;</p>



<p>2 : <a href="https://francais.medscape.com/voirarticle/3607097">https://francais.medscape.com/voirarticle/3607097</a>&nbsp;</p>



<p>3 : <a href="https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7131a3.htm?s_cid=mm7131a3_w">https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/71/wr/mm7131a3.htm?s_cid=mm7131a3_w</a></p>



<p>4 : <a href="https://www.nature.com/articles/s41591-022-01689-3#Fig4">https://www.nature.com/articles/s41591-022-01689-3#Fig4</a></p>



<p class="has-text-align-justify">14 août 2022 19:17</p>



<p class="has-text-align-justify"></p>



<p></p>
<p>L’article <a href="https://winslow.fr/le-double-sens-du-pas-touche-aux-enfants/">&lt;strong&gt;Le double-sens du : “Pas touche aux enfants”&lt;/strong&gt;</a> est apparu en premier sur <a href="https://winslow.fr">Winslow Santé Publique</a>.</p>
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